Fuites, envies pressantes et infections urinaires…
quand la ménopause chamboule la vessie

Publié le 13 janvier 2026

Ménopause

L’équipe Think Women,

spécialisée en santé de la femme.


Revu et approuvé par


Dr Barbara LUU VAN GRODEE
Gynécologue médicale
Amiens
Publié le 13 janvier 2026

Les troubles de la sphère génitale et urinaire sont des symptômes fréquents de la ménopause. On les regroupe sous le terme de syndrome génito-urinaire de la ménopause (SGUM). Parce qu’ils peuvent fortement altérer votre quotidien, il est important d’en parler pour trouver des solutions adaptées et améliorer votre confort.1-3 

Retrouvez ici 3 points clés pour comprendre, reconnaître et agir face aux troubles urinaires.

Comprendre les causes

Avec l’arrivée de la ménopause, la chute des œstrogènes et d’autres hormones sexuelles entraîne des changements dans la zone intime, au niveau de la vulve et du vagin mais aussi au niveau de l’urètre et de la vessie. L’urètre peut s’affaisser (on parle de prolapsus urétral) et l’orifice de sortie de l’urine devenir plus visible ou proéminent (on parle de saillie du méat urinaire).1,3,4

Contrairement à d’autres symptômes de la ménopause qui s’atténuent avec le temps, les troubles génito-urinaires ont tendance à persister et s’aggraver avec l’âge et la durée de la ménopause.2,4,5

Parce qu’ils ont un fort impact sur le quotidien s’ils ne sont pas traités, il est important de ne pas les passer sous silence.3

Reconnaître les symptômes

Chaque femme est unique et les troubles urinaires peuvent se manifester de différentes façons d’une personne à l’autre :1,2,5,6

  • Besoin d’uriner très fréquent (pollakiurie), de jour comme de nuit (nycturie), parfois avec une envie soudaine, difficile à retenir (urgenturie).
  • Fuites urinaires (incontinence), que ce soit lors d’un effort ou à cause d’une envie pressante (incontinence par urgenturie).
  • Infections urinaires / cystites aiguës à répétition qui se traduisent par des douleurs, des brûlures ou une gêne persistante.
  • Plus rarement, « descente d’organes» (prolapsus génito-urinaire).

Ces troubles urinaires font partie d’un ensemble plus large de symptômes appelés syndrome génito-urinaire de la ménopause (SGUM) qui touche la vessie mais aussi les organes génitaux et la sexualité.1,2

Vous n’êtes pas seule !

Selon les études, on estime que 27 % à 84 % des femmes ménopausées présentent un syndrome génito-urinaire de la ménopause (SGUM).1-3

Côté urinaire, ce sont 15 à 35 % des femmes après 60 ans qui souffrent de fuites urinaires liées à des envies pressantes et 5 à 17  % d’infections urinaires à répétition.1

La bonne nouvelle, c’est que le diagnostic est simple. Il repose uniquement sur ce que vous ressentez. Aucun examen particulier n’est nécessaire. La présence d’un seul signe suffit pour agir.1,2

Agir face aux troubles urinaires

Plusieurs solutions existent et peuvent être adaptées à chaque situation :1-8

  • Les gestes du quotidien comme boire régulièrement de l’eau, éviter l’alcool et le tabac ou éviter de se retenir trop longtemps.
  • La rééducation périnéale dispensée par une sage-femme ou un kinésithérapeute pour renforcer les muscles du plancher pelvien et limiter les fuites urinaires.
  • Les traitements locaux hormonaux à base d’œstrogènes prescrits à faible dose pour améliorer les symptômes urinaires et lutter contre les infections urinaires fréquentes ou encore les envies pressantes d’uriner.
  • Traitements hormonaux de la ménopause (THM), en association ou non aux traitements locaux hormonaux. À noter que le THM a un effet partiel et inconstant sur le syndrome génito-urinaire de la ménopause.
 

Ces approches permettent de retrouver un vrai confort au quotidien. Chaque femme peut, avec l’aide de son médecin ou de son gynécologue, trouver la solution qui lui convient le mieux.

Conclusion

Les troubles urinaires à la ménopause ne sont ni rares ni anodins, mais ils ne doivent pas être une fatalité.1-3        En en parlant à un(e) professionnel(le) de santé, vous pourrez identifier la ou les causes et explorer des solutions simples, médicales ou non adaptées à votre situation. Parce qu’une vie confortable, en confiance avec son corps, est possible… même après la ménopause !

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Références

  1. Hocké C et al. Syndrome génito-urinaire de la ménopause (SGUM). Recommandations pour la pratique Clinique (RPC) les femmes ménopausées du CNGOF et du GEMVi. Gynécologie Obstétrique Fertilité & Sénologie 2021;49:394-413.
  2. Trémollieres F et al. Les femmes ménopausées : recommandations pour la pratique clinique du CNGOF et du GEMVi (Texte court). Recommandations pour la pratique clinique (RPC). Gynécologie Obstétrique Fertilité & Sénologie 2021;49:305-17.
  3. Watson A et al. Genitourinary syndrome of menopause: An important diagnosis for dermatologists. J Am Acad Dermatol 2025;93:742-4.
  4. Ménopause. En ligne sur le site de l’Inserm : https://www.inserm.fr/dossier/menopause/ [consulté le 09/09/2025 ; publié le 18/09/2023].
  5. GEMVi (Groupe d’Etude de la Ménopause et du Vieillissement hormonal). La prise en charge de la ménopause. Fiche d’information aux patientes. 2017.
  6. Ménopause : quelles répercussions sur la santé ? En ligne sur le site de l’Assurance maladie : https://www.ameli.fr/assure/sante/themes/menopause/menopause-quelles-repercussions-sur-la-sante [consulté le 09/09/2025 ; publié le 27/06/2025].
  7. Cystite : que faire et quand consulter ? En ligne sur le site de l’Assurance maladie : https://www.ameli.fr/assure/sante/themes/cystite/que-faire-cystite [consulté le 09/09/2025 ; publié le 13/05/2025].
  8. Traitement de l’incontinence urinaire. En ligne sur le site de l’Assurance maladie : https://www.ameli.fr/assure/sante/themes/incontinence-urinaire/traitement [consulté le 09/09/2025 ; publié le 27/06/2025].

FR-TW-1025-010

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