Bilan hormonal du SOPK : à quoi ça sert ?

Publié le 16 mars 2026

SOPK

L’équipe Think Women,

spécialisée en santé de la femme.

 

Revu et approuvé par

 

Dr Anais De Souza
Gynécologue obstétricienne
Reims
Publié le 16 mars 2026

Une femme sur dix est concernée par le syndrome des ovaires polykystiques (SOPK). Même s’il n’est pas obligatoire pour poser le diagnostic, le bilan hormonal est souvent réalisé. Mais que cherche-t-on exactement avec ce bilan hormonal du SOPK ? Pourquoi le faire entre le 2e et le 5e jour du cycle ? Et surtout… à quoi ça sert ? On vous explique tout !

Un rappel utile : le SOPK c’est quoi ?

Le syndrome des ovaires polykystiques (ou SOPK) est un déséquilibre hormonal qui affecte les ovaires et le centre de la régulation de la sécrétion hormonale situé dans le cerveau.1 Il se caractérise par une production excessive d’hormones dites « androgènes » par l’ovaire (hormones dites “masculines” comme la testostérone, normalement produite en petite quantité chez la femme), ce qui perturbe le fonctionnement normal des ovaires et notamment l’ovulation.1,2 Contrairement à ce que son nom suggère, cette maladie n’entraîne pas la formation de kystes dans les ovaires des patientes, mais  les follicules, reflet de la réserve ovarienne des patientes sont en fait en trop grand nombre . La réserve ovarienne est « trop bonne ». Pour en savoir plus, on vous conseille de lire notre article « SOPK : comment savoir si je suis concernée ? »

Le diagnostic du SOPK : un jeu de pièces à assembler

Pour poser un diagnostic de SOPK, les médecins s’appuient sur des critères précis qui peuvent prendre trois formes différentes : 1,3

  • Cliniques : des signes visibles ou ressentis par la femme.
  • Biologiques : des signes mesurés par une prise de sang.
  • Échographiques : des signes visibles à l’échographie.

Ces critères se complètent : les signes cliniques mettent sur la piste, le bilan hormonal du SOPK est l’outil principal pour explorer les signes biologiques et l’échographie permet de voir l’aspect des ovaires.1,3,4

Des critères bien définis

    • Les critères diagnostiques du SOPK sont connus sous le nom de critères de Rotterdam. Pour poser le diagnostic, il faut retrouver au moins deux des trois critères suivants :1,3

      • Critère #1 : une hyperandrogénie, c’est-à-dire un excès d’hormones mâles visibles (acné, pilosité, chute de cheveux = signes cliniques) ou mesurables dans le sang (signes biologiques) ;
      • Critère #2 : une ovulation rare ou absente, ce qui entraîne souvent des cycles longs, irréguliers, voire une absence totale de règles (signes cliniques) ;
      • Critère #3 : des ovaires à l’aspect particulier à l’échographie, contenant de nombreux petits follicules (l’aspect dit polykystiquesigne échographique)

Les variantes récentes

Les recommandations internationales évoluent. Depuis 2023, il est admis que l’hormone antimüllérienne (l’AMH) peut, dans certains cas, remplacer l’échographie pour confirmer l’aspect polykystique des ovaires.3,5 Dans ce cas, un critère biologique (le dosage d’une hormone) remplace un critère échographique

L’échographie pelvienne garde une place importante, mais ne suffit jamais à elle seule. Un aspect de SOPK à l’échographie sans signe clinique OU biologique, ne pose pas le diagnostic. Tout comme le diagnostic d’une hyperandrogénie clinique ne se limite pas à la recherche d’un SOPK. Le diagnostic est posé sur un faisceau de critères.

Le rôle du bilan hormonal du SOPK

1. Objectiver le diagnostic par la biologie 

Les symptômes cliniques (acné, règles irrégulières, pilosité, obésité) peuvent parfois prêter à confusion. Le bilan hormonal du SOPK permet de vérifier, noir sur blanc, ce que le corps produit réellement :1,4

  • on mesure l’hormone folliculo-stimulante (FSH) et l’hormone lutéinisante (LH), deux hormones maîtresses du cycle féminin, dont le rapport peut être inversé dans le SOPK ;
  • on dose les androgènes (dont testostérone, androstènedione, déhydroépiandrostérone sulfate [DHEAS ou SDHA]) pour confirmer l’excès hormonal.

C’est une manière d’objectiver ce que l’on soupçonne déjà cliniquement.

2. Ecarter d’autres maladies qui ressemblent au SOPK

Car non, tout excès de poils ou absence de règles n’est pas forcément lié au SOPK ! Le bilan hormonal joue ici le rôle de détective :1,3-5

  • Dosage de la prolactine: pour vérifier qu’il n’y a pas d’hyperprolactinémie, une maladie caractérisée par une surproduction de prolactine (l’hormone qui stimule la lactation) qui peut bloquer les règles et donner des symptômes proches du SOPK.
  • Contrôle de la TSH: pour dépister un trouble thyroïdien. Ces maladies caractérisées par un dysfonctionnement de la thyroïde, peuvent, comme le SOPK, perturber les cycles et la fertilité.
  • Mesure de la 17-hydroxy-progestérone: pour éliminer une hyperplasie surrénale, une maladie génétique rare où les glandes surrénales fabriquent trop d’hormones androgènes, pouvant entraîner pilosité, acné et troubles du cycle.
  • Parfois, un test du cortisol est proposé pour exclure un syndrome de Cushing, une maladie due à un excès de cortisol chronique qui peut provoquer, comme le SOPK, une prise de poids, des troubles du cycle et parfois une pilosité excessive.

Objectif : éviter un diagnostic erroné et s’assurer que l’on ne passe pas à côté d’une autre maladie.

3. Evaluer les risques associés

Le SOPK ne s’arrête pas aux ovaires. S’il n’est pas pris en charge, il peut avoir, chez certaines femmes, des conséquences bien au-delà des aspects gynécologiques, dermatologiques et psychologiques, en affectant aussi d’autres sphères de la santé.

On retrouve parmi celles-ci :

  • le surpoids
  • un excès de cholestérol (hypercholestérolémie)
  • une glycémie élevée (taux de sucre dans le sang), voire un diabète de type 2
  • des problèmes cardiovasculaires.1,6

Tout cela est dû au déséquilibre hormonal et à une résistance à l’insuline liés à la maladie.1 Pour aller plus loin sur les causes du SOPK, on vous conseille notre article « SOPK : comment savoir si je suis concernée ? » 

C’est pourquoi une fois le diagnostic posé, un bilan à la recherche  des complications doit être réalisé :1,3,4

  • un test d’hyperglycémie provoqué (HGPO) ou si non réalisable une glycémie à jeun (mesure du taux de sucre dans le sang) annuelle,
  • parfois une insulinémie (mesure du taux d’insuline dans le sang),
  • un bilan lipidique (cholestérol, triglycérides).

Ces tests permettent de dépister une résistance à l’insuline, un diabète de type 2 et de surveiller la santé du cœur.

4. Adapter la prise en charge

En fonction des résultats du bilan hormonal, la stratégie thérapeutique pourra être personnalisée :1,3,5

  • Si l’excès d’androgènes domine : un traitement pourra être proposé pour atténuer les symptômes (acné, pilosité).
  • Si l’absence d’ovulation pose problème dans un projet bébé : une prise en charge ciblée sur la fertilité pourra être discutée.
  • Si le risque métabolique est élevé : un accompagnement spécifique sera mis en place autour de l’hygiène de vie, du dépistage du diabète et d’un suivi rapproché.
Concrètement : comment se passe un bilan hormonal du SOPK ?
  • Quoi ? Une prise de sang.
  • Quand ? Entre le 2e et le 5e jour du cycle menstruel.1,4 Car si elle est réalisée plus tard dans le cycle, certaines hormones, en particulier la testostérone, peuvent sembler faussement élevées.7 Si les règles ne viennent pas, le médecin peut proposer de les déclencher artificiellement.1,4
  • Qu’est-ce qu’on dose ?
    FSH, LH, androgènes (testostérone, androstènedione, DHEAS), prolactine, TSH, 17-OH-progestérone, ± cortisol (± autres hormones comme l’AMH selon la prescription de votre médecin).1,3- 5
  • Qu’est-ce qu’on peut ajouter ? HGPO (+ /- glycémie/ insulinémie), bilan lipidique.1,3,4

 

Objectif : obtenir une photographie précise de la situation pour avancer plus sereinement.

Conclusion

Le SOPK est une maladie fréquente, complexe et parfois déstabilisante. Le bilan sanguin est une pièce maîtresse du diagnostic et de ses complications !

Le bilan hormonal permet :

  • de confirmer le diagnostic,
  • d’écarter d’autres causes possibles,

Le bilan métabolique permet

  • d’anticiper les risques pour une prise en charge personnalisée.


En bref : ce bilan est le meilleur moyen d’apporter de la clarté là où il y avait du flou

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Références

    1. Syndrome des ovaires polykystiques (SOPK) : un trouble fréquent, première cause d’infertilité féminine [Internet]. 2024 [consulté le 25 sept 2025]. Disponible sur : https://www.inserm.fr/dossier/syndrome-ovaires-polykystiques-sopk/

     

    1. Syndrome des ovaires polykystiques : un problème de sensibilité à l’œstradiol [Internet]. 2024 [consulté le 25 sept 2025]. Disponible sur : https://www.inserm.fr/actualite/syndrome-des-ovaires-polykystiques-un-probleme-de-sensibilite-a-loestradiol/

     

    1. Teede HJ, et al. Recommendations from the 2023 International Evidence-based Guideline for the Assessment and Management of Polycystic Ovary Syndrome. J Clin Endocrinol Metab. 2023;108(10):2447-69.

     

    1. Assurance Maladie. Symptômes, diagnostic et évolution du syndrome des ovaires polykystiques [Internet]. Ameli.fr. 2025 [consulté le 25 sept 2025]. Disponible sur : https://www.ameli.fr/paris/assure/sante/themes/syndrome-ovaires-polykystiques/symptomes-diagnostic-evolution

     

    1. Hugon-Rodin J. Le syndrome des ovaires polykystiques selon les dernières recommandations internationales [Internet]. Vidal.fr. 2025 [consulté le 25 sept 2025]. Disponible sur : https://www.vidal.fr/actualites/31367-le-syndrome-des-ovaires-polykystiques-selon-les-dernieres-recommandations-internationales.html

     

    1. Asso’SOPK. La prise en charge du SOPK [Internet]. asso-sopk.com. 2025 [consulté le 15 oct 2025]. Disponible sur : https://asso-sopk.com/la-prise-en-charge/

     

    1. NHS Lothian. Guideline for the diagnosis of Polycystic Ovary Syndrome (PCOS) in primary care [Internet]. 2013 [consulté le 25 sept 2025]. Disponible sur : https://eced.squarespace.com/s/038_Guideline-for-Diagnosis-of-Polycystic-Ovary-Syndrome-PCOS-in-Primary-Care.pdf

     

FR-TW-1025-014

Pour aller plus loin sur le sujet du SOPK
voici quelques ressources fiables sélectionnées par L’équipe Think Women

Assurance Maladie, Ameli.fr – Article : Prise en charge de l’assistance médicale à la procréation (AMP). Disponible en ligne : https://www.ameli.fr/

Assurance Maladie, Ameli.fr – Article : Le bilan médical de l’infertilité. Disponible en ligne : https://www.ameli.fr/