SOPK/SOMP et fatigue : les solutions pour retrouver de l’énergie

Publié le 9 mars 2026

SOPK

L’équipe Think Women,

spécialisée en santé de la femme.


Revu et approuvé par


Dr Sophie Grandjean
Gynécologue obstétricien
Blagnac
Publié le 9 mars 2026

SOPK et fatigue : un duo fréquent, qui peut vite alourdir le quotidien. Cette lassitude profonde, souvent difficile à expliquer autour de soi, vient s’ajouter aux autres symptômes du syndrome...

Bonne nouvelle : comprendre d’où vient cette fatigue est un premier pas pour agir. Le deuxième ? S’informer sur les solutions concrètes pour se sentir mieux, pas à pas. 

SOPK et fatigue : les causes

Nous avons déjà exploré en détail les causes possibles de la fatigue liée au SOPK dans notre article « SOPK et fatigue : pourquoi suis-je toujours épuisée ? »

Voici un petit résumé pour mieux comprendre les leviers d’action possibles. La fatigue associée au SOPK n’a pas une cause unique : elle résulte de plusieurs mécanismes biologiques et hormonaux, que l’on peut résumer en quelques points clés.  

  • Déséquilibres hormonaux & inflammation chronique le SOPK dérègle plusieurs hormones et entretient une inflammation de fond, deux phénomènes qui peuvent fatiguer le corps, même sans effort particulier.1,2 
  • Résistance à l’insuline : en raison des dérèglements qu’il provoque, le SOPK peut entraîner une résistance à l’insuline, l’hormone qui régule le taux de sucre dans le sang (la glycémie).2,3 La glycémie devient instable, avec des variations soudaines qui peuvent provoquer des “coups de pompe” répétés.  
  • Règles abondantes : le SOPK peut entraîner d’importantes pertes de sang pendant les règles et ceci peut faire chuter le fer et provoquer une anémie. Un manque de fer important peut réduire l’apport en oxygène dans nos cellules, et cela se ressent comme une fatigue importante qui ne passe pas.2,4  
  • Anxiété ou dépression le SOPK augmente le risque de troubles anxieux et dépressifs, qui prennent beaucoup d’énergie, peuvent causer une grande fatigue et évidemment amplifier une fatigue déjà existante.1,5,6 
  • Sommeil perturbé : les femmes atteintes de SOPK ont plus de risque de développer un diabète de type 2,6 qui s’accompagne souvent de nuits de mauvaise qualité.7 Elles sont également plus exposées à l’apnée obstructive du sommeil, même en l’absence de surpoids.6 Cette apnée fragmente le sommeil, le rend moins réparateur et peut provoquer une grande fatigue ainsi qu’une somnolence diurne.8 

SOPK et fatigue : comment agir ?

Miser sur les mesures hygiéno-diététiques

C’est la base de la prise en charge du SOPK, et un levier puissant contre la fatigue : bouger davantage, manger équilibré, retrouver un rythme de vie plus stable. Pas besoin de viser la perfection : l’important, ce sont des gestes simples et réguliers, qui aident le corps à retrouver son équilibre. 

Les recommandations internationales mettent en avant les 4 piliers suivants : 

  • Bouger régulièrement : aucun type d’activité n’est supérieur à un autre pour le SOPK : marche, yoga, danse, vélo… tout compte. L’idéal ? Viser 150 à 300 minutes (2,5 à 5 h) d’activité modérée par semaine ou 75 à 150 minutes (1,25 à 2,5 h) d’activité plus intense, et limiter les longues plages de sédentarité.5 

  • Manger équilibré, sans régime rigide les études ne permettent pas à l’heure actuelle de conseiller un régime alimentaire particulier pour le SOPK.5 Ce qui fonctionne, ce sont des « habitudes santé » durables :2,5 
    • une assiette pour moitié composée de légumes, 
    • un quart de glucides complexes (céréales complètes, légumineuses, tubercules), 
    • un quart de protéines,  
    • des repas réguliers (toutes les 4h environ) pour aider l’insuline à mieux réguler la glycémie, 
    • de l’eau tout au long de la journée (environ 8 verres).  

  • Perdre du poids en cas de surpoids ou d’obésité en suivant ces règles hygiéno-diététiques et si besoin avec un accompagnement médical spécifique.5,9,10 

  • Mettre en place des routines pour mieux dormir et retrouver son énergie :2,7,10  
    • Des horaires réguliers : se coucher et se lever à la même heure, y compris le week-end, stabilise les rythmes internes (sommeil, énergie, appétit, humeur). 
    • Limiter les écrans le soir : la lumière bleue freine la sécrétion de mélatonine et perturbe l’endormissement. Idéalement, on évite les écrans 1 à 2 heures avant le coucher. 
    • Un dîner ni trop léger ni trop riche : un dîner trop riche ou trop tardif peut entraîner une digestion difficile et provoquer des réveils nocturnes. À l’inverse, un dîner trop léger peut entraîner des fringales pendant la nuit.  L’équilibre ? Un repas digeste avec des glucides complexes (riz, pâtes semi-complètes, pain complet, soupe avec pommes de terre…).  
    • Des boissons « dodo friendly » : éviter l’alcool et la caféine le soir.  
    • Un environnement propice au sommeil : chambre fraîche, pièce sombre (rideaux occultants), literie confortable.   
    • Un rituel apaisant avant d’aller se coucher : une douche ou un bain tiède, un peu de lecture, des exercices de respiration lente… Des habitudes douces qui préparent à l’endormissement. 
    • Changer de position de sommeil : en cas d’apnée du sommeil modérée, dormir sur le côté plutôt que sur le dos peut réduire de moitié les épisodes d’obstructions la nuit. 

Traiter le SOPK, c'est aussi agir sur la fatigue

Mettre en place un traitement adapté permet de réguler les cycles menstruels, d’atténuer l’acné, la pilosité ou les chutes de cheveux, de mieux gérer le poids, la résistance à l’insuline, voire un diabète s’il est présent. En réduisant les déséquilibres hormonaux et glycémiques, ces traitements peuvent aussi contribuer à diminuer significativement la fatigue. 

Selon la situation, votre médecin pourra compléter les mesures hygiéno-diététiques par un traitement hormonal, un traitement  antidiabétique, ou un accompagnement médical pour agir sur un éventuel surpoids.5,9,11 

N’hésitez pas à lire aussi notre article « SOPK : quels traitements envisager après le diagnostic ? »

Traiter une éventuelle anémie

Le SOPK peut entraîner des règles très abondantes, augmentant le risque de carence en fer et donc d’anémie. En cas de fatigue persistante, votre médecin pourra rechercher une carence en fer. Si besoin, une supplémentation en fer (orale ou intraveineuse) pourra vous être prescrite.4 

Pensez également à consommer des aliments riches en fer, en les associant à des aliments riches en vitamine C. Cela aidera à améliorer l’absorption du fer par l’organisme.2 

Soutenir sa santé mentale

Autre point essentiel : le SOPK augmente le risque d’anxiété et de dépression, qui peuvent causer ou entretenir une fatigue persistante. C’est pourquoi les recommandations préconisent un dépistage de la dépression et de l’anxiété chez toutes les femmes atteintes de SOPK.5

En cas de symptômes et de diagnostic confirmé,  plusieurs options existent :1,5,12 

  • Des thérapies, en particulier la thérapie cognitivo-comportementale (TCC), dont l’efficacité sur la fatigue et la qualité de vie a été démontrée chez les femmes atteintes de SOPK. 
  • Un traitement médicamenteux adapté, si nécessaire. 

Penser à un bilan du sommeil

Comme évoqué précédemmentles femmes atteintes de SOPK sont plus à risque d’apnée du sommeil. Si vous éprouvez une fatigue persistante, un dépistage de l’apnée du sommeil peut être utileEt s’il s’avère positif, des traitements efficaces existent.10 

Approches complémentaires

Face au SOPK, certaines patientes se tournent vers des approches complémentaires ou naturelles pour soulager leurs symptômes, notamment la fatigue. Ces options ne remplacent pas les traitements médicaux, mais peuvent apporter un petit « coup de pouce » pour le bien-être global. Voici ce qu’on peut en dire :  

  • L’inositol (ou vitamine B7) est un complément alimentaire naturel, parfois proposé en cas de SOPK. Il pourrait améliorer la sensibilité à l’insuline et a été étudié pour ses effets potentiels sur la glycémie et sur le cholestérol.6,13 
  • Les autres vitamines et minéraux : 
    • Certaines études ont mis en évidence des taux diminués de chrome, de vitamine D, de zinc et de vitamine B9 chez les femmes atteintes de SOPK.14 
    • Magnésium, oméga-3 et coenzyme Q10 sont des pistes étudiées pour améliorer l’énergie et diminuer l’inflammation.15,16,17  
  • Les spécialités paramédicales peuvent également compléter votre prise en charge médicale : ostéopathie, acupuncture, kinésithérapie…18 

 

Nous vous conseillons de toujours informer votre médecin des approches complémentaires que vous souhaitez intégrer à votre prise en charge. 

Conclusion

Le SOPK peut fatiguer pour de multiples raisons… Mais la bonne nouvelle, c’est qu’il existe autant de leviers pour se sentir mieux. En combinant hygiène de vie, traitements adaptés, soutien psychologique, amélioration du sommeil et recours à certains compléments, il est possible de retrouver de l’énergieen douceur, à son rythme. 

Références

  1. Bajpai A, et al. Psychological Distress and Fatigue in Polycystic Ovarian Syndrome: A Pilot Study. J Hum Reprod Sci. 2025;18:113-7. 
  2. PCOS Awareness Association. PCOS Fatigue: Causes, And, Treatment Tips [Internet]. 2022 [consulté le 2 dec 2025]. Disponible sur : https://www.pcosaa.org/tealtalkblog/2022/6/20/pcos-fatigue-causes-and-treatment-tips 
  3. Harada T. Pathophysiology of polycystic ovary syndrome revisited: Current understanding and perspectives regarding future research. Reprod Med Biol. 2022;21:e12487. 
  4. Jones K, Sung S. Anovulatory Bleeding. [Internet]. 2025 [consulté le 2 dec 2025]. Disponible sur : https://www.ncbi.nlm.nih.gov/books/NBK549773/ 
  5. Teede HJ, et al. Recommendations from the 2023 International Evidence-Based Guideline for the Assessment and Management of Polycystic Ovary Syndrome. J Clin Endocrinol Metab. 2023;108:2447-69. 
  6. Dason ES, Allaire C, Williams C. Diagnostic et prise en charge du syndrome des ovaires polykystiques. CMAJ. 2024;196:E449-59. 
  7. Fédération Française des Diabétiques. Les liens entre le diabète et le sommeil [Internet]. 2025 [consulté le 2 dec 2025]. Disponible sur : https://www.federationdesdiabetiques.org/information/complications-diabete/diabete-et-sommeil 
  8. Assurance Maladie. Comprendre l’apnée du sommeil [Internet]. 2025 [consulté le 2 dec 2025]. Disponible sur : https://www.ameli.fr/paris/assure/sante/themes/apnee-du-sommeil/comprendre-apnee-sommeil 
  9. Assurance Maladie. Le traitement du SOPK [Internet]. 2025 [consulté le 2 dec 2025]. Disponible sur : https://www.ameli.fr/paris/assure/sante/themes/syndrome-ovaires-polykystiques/traitement 
  10. Assurance Maladie. Le traitement de l’apnée du sommeil [Internet]. 2025 [consulté le 2 dec 2025]. Disponible sur : https://www.ameli.fr/paris/assure/sante/themes/apnee-du-sommeil/traitement-apnee-sommeil 
  11. Inserm. Syndrome des ovaires polykystiques (SOPK) : un trouble fréquent, première cause d’infertilité féminine [Internet]. 2024 [consulté le 2 dec 2025]. Disponible sur : https://www.inserm.fr/dossier/syndrome-ovaires-polykystiques-sopk/ 
  12. Abdollahi L, et al. Effectiveness of cognitive-behavioral therapy (CBT) in improving the quality of life and psychological fatigue in women with polycystic ovarian syndrome: a randomized controlled clinical trial. J Psychosom Obstet Gynaecol. 2019;40(4):283-93. 
  13. Lete I, et al. Update on the combination of myo-inositol/d-chiro-inositol for the treatment of polycystic ovary syndrome. Gynecol Endocrinol. 2024;40(1):2301554. 
  14. Jamin C. SOPK : mieux comprendre pour mieux traiter. Revue Genesis – Gynécologie Obstétrique Endocrinologie [Internet]. 2025 [consulté le 2 dec 2025]. Disponible sur : https://www.revuegenesis.fr/sopk-mieux-comprendre-pour-mieux-traiter/ 
  15. Jaripur M, et al. The effects of magnesium supplementation on abnormal uterine bleeding, alopecia, quality of life, and acne in women with polycystic ovary syndrome: a randomized clinical trial. Reprod Biol Endocrinol. 2022;20:110. 
  16. Yang K, et al. Effectiveness of Omega-3 fatty acid for polycystic ovary syndrome: a systematic review and meta-analysis. Reprod Biol Endocrinol. 2018;16:27. 
  17. Machado PLM, et al. Effects of Coenzyme Q10 Supplementation on Depressive Symptoms and Fatigue: A Systematic Review and Meta-Analysis of Randomized Controlled Trials. J Clin Psychopharmacol. 2025;Published online Nov 26.  
  18. Asso’SOPK. La prise en charge du SOPK [Internet]. 2025 [consulté le 2 dec 2025]. Disponible sur : https://asso-sopk.com/la-prise-en-charge/ 

FR-TW-0126-010

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Pour aller plus loin sur le sujet du SOPK
voici quelques ressources fiables sélectionnées par L’équipe Think Women

Assurance Maladie – Dossier “Apnée du sommeil. Disponible en ligne : https://www.ameli.fr/ 

Assurance Maladie – Dossier “Asthénie (fatigue)”. Disponible en ligne : https://www.ameli.fr/