SOPK/SOMP et grossesse : peut-on tomber enceinte même sans règles tous les mois ?
SOPK
L’équipe Think Women,
spécialisée en santé de la femme.
Revu et approuvé par
Toulouse
SOPK et grossesse spontanée : est-ce possible ? Les articles sur le syndrome des ovaires polykystiques (SOPK) mettent souvent en avant des phrases fortes telle que « SOPK, première cause d’infertilité féminine », « L’infertilité est souvent associée au SOPK » ou encore « Le SOPK provoque hyperandrogénie et infertilité » … Face à ces affirmations, beaucoup de femmes souffrant de SOPK se demandent légitimement si elles pourront tomber enceintes naturellement.
Le SOPK peut effectivement perturber le rythme des cycles : certaines voient leurs règles devenir plus rares ou parfois totalement absentes. Mais il est important de rappeler que, même lorsque les cycles sont irréguliers, cela n’exclut pas l’ovulation, ni la possibilité d’une grossesse spontanée !1 On fait le point !
SOPK et grossesse : comprendre le mécanisme
1. Comment fonctionne un cycle naturel ?
Pour comprendre ce que le SOPK peut perturber, il est utile de rappeler comment fonctionne un cycle menstruel naturel. Chaque mois, le cerveau et les ovaires travaillent ensemble pour préparer une éventuelle grossesse. Sous l’effet de signaux hormonaux, un follicule (un petit sac contenant un ovule en développement) mûrit dans un des ovaires puis libère un ovule : c’est l’ovulation. L’utérus, de son côté, épaissit progressivement sa muqueuse pour accueillir un embryon en cas de fécondation. Si ce n’est pas le cas, les taux hormonaux chutent et cet « intérieur de l’utérus » se détache : ce sont les règles. Ce mécanisme dure en moyenne 28 jours et varie selon les femmes de 23 à 35 jours.2
2. Comment le SOPK peut-il perturber le cycle ?
Le SOPK est un déséquilibre hormonal qui affecte les ovaires et parfois le centre du contrôle hormonal dans le cerveau. Ce déséquilibre peut ralentir, voire empêcher, la maturation du follicule. Ceci rend l’ovulation plus rare, plus tardive ou parfois absente. Résultat : les cycles deviennent irréguliers, plus longs (les règles apparaissent tous les 35 à 40 jours… ou restent totalement absentes certains mois.1,2
3. Pourquoi l'ovulation reste-t-elle possible ?
Même lorsque les règles se font rares ou imprévisibles, l’ovulation peut toujours se produire … et donc permettre une grossesse ! L’ovulation survient simplement de manière moins fréquente ou moins prévisible. Les études rappellent que la grande majorité des patientes souffrant de SOPK pourront démarrer une grossesse spontanément, c’est-à-dire naturellement, même si elles n’ovulent pas régulièrement !1
Pour celles qui essaient de concevoir, comprendre l’irrégularité de l’ovulation permet de mettre en place un suivi adapté si besoin.
Pour celles qui ne souhaitent pas être enceintes, cette imprévisibilité justifie l’importance d’une contraception.
SOPK et grossesse : que faire si mon projet bébé prend trop de temps
Si après 9 à 12 mois de tentatives régulières sans contraception, la grossesse ne survient pas, la communauté médicale considère qu’un couple peut entrer dans un parcours d’aide médicale à la procréation (AMP).3
Bilan de fertilité
Avant toute prise en charge, un bilan de fertilité est réalisé afin d’identifier précisément l’origine des difficultés, qu’elles soient liées au SOPK, à un autre facteur féminin, ou à un facteur du partenaire masculin. Ce bilan inclut le plus souvent :
– des analyses sanguines (bilan hormonal,),
– une imagerie pelvienne (évaluation du nombre d’ovules dans les ovaires, de potentielles maladies gynécologiques comme le SOPK, d’anomalies de l’utérus, d’obstruction des trompes utérines),
– un spermogramme qui permet d’évaluer la qualité du sperme et de repérer un éventuel touble de la fertilité masculine.4
Ce bilan permettra d’orienter au mieux les solutions à envisager pour votre cas particulier.
Un coup de pouce médical
Plusieurs solutions peuvent être proposées en fonction de votre situation personnelle et/ou de couple. Elles reposent sur des techniques de procréation médicalement assistée (PMA) et la chirurgie dans certains cas.5
Par exemple, lorsque le SOPK est le seul facteur responsable d’une infertilité, le traitement repose sur des techniques de stimulation de l’ovulation en première intention.
Si ces approches ne permettent pas d’obtenir une grossesse, il est possible de passer à une fécondation in vitro (FIV), avec ou sans ICSI (avec micro-injection) selon les indications médicales.1,5
Ces mesures représentent toujours la base du traitement. Il a d’ailleurs été démontré qu’en cas de surpoids, perdre environ 10 % du poids initial peut réduire l’hyperandrogénie, améliorer les cycles et favoriser la fertilité.1
Pour en savoir plus sur ces mesures, consultez notre article « SOPK et fatigue : les solutions pour retrouver de l’énergie », qui détaille les bases hygiéno-diététiques de la prise en charge. Vous pouvez aussi consulter notre article « SOPK & alimentation : comprendre pour agir ! »
SOPK et grossesse : si je n'ai pas de projet bébé
En l’absence de désir d’enfant, une contraception reste nécessaire. Pourquoi ? Parce qu’une ovulation peut toujours survenir, même après plusieurs semaines sans règles. L’irrégularité des cycles du SOPK ne protège pas d’une grossesse non désirée !
1. Comment choisir une contraception adaptée ?
Le choix d’une contraception dépend de nombreux éléments : santé générale, antécédents, âge, période de vie (post-partum, allaitement), risques cardiovasculaires, tabagisme, etc. Pour un panorama détaillé, vous pouvez consulter notre article « Pilule, stérilet, implant, patch : comment choisir la contraception qui vous correspond ? »
2. Cas particulier : SOPK et risques cardiovasculaires
Les femmes atteintes de SOPK sont plus à risque de complications cardiovasculaires à long terme et en présence d’autres facteurs. Si vous projetez de prendre une contraception hormonale, sachez que les contraceptions à base de progestérone seule sont une option de premier plan lorsque la contraception œstro-progestative est contre-indiquée : par exemple en cas de risque cardiovasculaire, pendant l’allaitement, si vous cumulez plusieurs facteurs de risque comme le tabac, un surpoids, une obésité, un âge de plus de 35 ans.6,7
Tous les dispositifs intra utérins sont en revanche envisageables.
N’hésitez pas à en parler avec un(e) professionnel(le) de santé : cet échange vous aidera à évaluer vos propres besoins et à choisir une contraception sûre et adaptée à votre situation.
Conclusion
Le SOPK peut rendre les cycles irréguliers et perturber l’ovulation, mais cela ne signifie pas que la grossesse est impossible. Les données montrent que la majorité des femmes atteintes peuvent concevoir spontanément, même lorsque l’ovulation est imprévisible.1 Pour les autres, un coup de pouce médical est souvent fructueux.1,5 Et si on n’a pas de projet bébé, une contraception reste nécessaire ! Pourquoi ? Parce qu’un cycle irrégulier n’exclut pas une ovulation « surprise » ! Comprendre son cycle, sa maladie et disposer d’informations fiables permet de faire des choix éclairés : que ce soit pour concevoir ou pour éviter une grossesse.
Références
- Inserm. Syndrome des ovaires polykystiques (SOPK) [Internet]. 2024 [consulté le 03/12/25]. Disponible sur : https://www.inserm.fr/dossier/syndrome-ovaires-polykystiques-sopk
- Assurance maladie, Ameli.fr. Informations et conseils sur les règles de la jeune fille [Internet]. 2025 [consulté le 03/12/25]. Disponible sur : https://www.ameli.fr/paris/assure/sante/themes/puberte/informations-conseils-regles
- Inserm. Assistance médicale à la procréation (AMP) : des techniques pour aider les couples infertiles [Internet]. 2018 [consulté le 03/12/2025]. Disponible sur : https://www.inserm.fr/dossier/assistance-medicale-procreation-amp/
- Assurance maladie, Ameli.fr. Le bilan médical de l’infertilité [Internet]. 2025 [consulté le 03/12/2025]. Disponible sur : https://www.ameli.fr/paris/assure/sante/devenir-parent/concevoir-un-enfant/sterilite-pma-infertilite/bilan-medical-infertilite-sterilite
- Teede HJ, et al. Recommendations from the 2023 International Evidence-based Guideline for the Assessment and Management of Polycystic Ovary Syndrome. J Clin Endocrinol Metab. 2023;108(10):2447-69.
- Haute Autorité de Santé (HAS). Contraception chez la femme adulte et l’adolescente en âge de procréer (hors post-partum et post-IVG). 2019.
- Haute Autorité de Santé (HAS). Contraception chez la femme en post-partum. 2019
FR-TW-0126-009
Pour aller plus loin sur le sujet du SOPK
voici quelques ressources fiables sélectionnées par L’équipe Think Women
Assurance Maladie, Ameli.fr – Article : Le bilan médical de l’infertilité. Disponible en ligne : https://www.ameli.fr/
QuestionSexualite.fr – Site internet par Santé Publique France. Disponible en ligne : https://www.questionsexualite.fr. Il propose un tableau comparatif des méthodes contraceptives et un questionnaire interactif pour vous aider à trouver celle qui vous convient le mieux. Une aide précieuse pour faire un choix éclairé, en fonction de vos besoins et de votre mode de vie.
Assurance Maladie, Ameli.fr – Article : Contraception. Disponible en ligne : https://www.ameli.fr/. Il détaille les méthodes de contraception disponibles et leurs modalités de remboursement. Il fournit des informations claires et pratiques pour mieux comprendre vos droits et le parcours de soins.