Endométriose et travail : comment gérer sa vie professionnelle ?
Endométriose
L’équipe Think Women,
spécialisée en santé de la femme.
Revu et approuvé par
Seclin
On n’a pas toutes la même endométriose : pour certaines, elle se fait (presque) oublier ; pour d’autres, elle perturbe fortement le quotidien… donc le travail. Douleurs, fatigue, absences répétées… : l’endométriose peut peser sur la vie professionnelle. Heureusement, il existe aujourd’hui des dispositifs pour mieux concilier santé et emploi. On fait le point !
Quand les symptômes s'invitent au bureau
Douleurs récurrentes et invalidantes (au mouvement ou en position immobile), troubles digestifs ou urinaires nécessitant des passages fréquents ou urgents aux toilettes, fatigue importante, difficultés de concentration, baisse d’efficacité… La liste des symptômes et conséquences susceptibles d’impacter le travail est longue.1,2,3
Dans ce contexte, gérer sa vie professionnelle peut devenir complexe. Selon les périodes, il faut composer avec une fatigue persistante, des absences courtes mais imprévues, des rendez-vous médicaux nombreux, ou encore la nécessité de rattraper son retard sur son temps personnel. Tout cela peut générer du stress, de la culpabilité, un sentiment d’isolement vis-à-vis des collègues, des tensions, voire freiner l’évolution professionnelle ou menacer le maintien dans l’emploi.2,3
À cette charge lourde, s’ajoute souvent un impact émotionnel : frustration, irritabilité, moral en berne, voire dépression.3
Action #1 : parler à son médecin traitant
Les arrêts maladie
Même s’ils entraînent des absences parfois difficiles à gérer, les arrêts maladie peuvent être indispensables lorsqu’une période est particulièrement compliquée à cause de l’endométriose. Ils permettent de souffler, de récupérer et de revenir au travail dans de meilleures conditions. Selon la situation, l’arrêt peut être ponctuel (en cas de poussée douloureuse) ou prolongé, notamment après une intervention chirurgicale.1,3,4
La durée d’un arrêt post-chirurgie sera adaptée à votre cas, la nature de l’acte effectué, votre état de santé général et la nature de votre profession.1
Temps partiel thérapeutique (ou mi-temps thérapeutique)
Après une chirurgie, ou lorsque les symptômes restent importants, votre médecin traitant peut envisager de proposer un temps partiel thérapeutique pour faciliter une reprise progressive.1,3,4
Dans ce cas, une bonne communication entre votre médecin traitant, la médecine du travail et l’entreprise est essentielle pour mettre en place des solutions adaptées à votre situation.2,3
Reconnaissance d'une Affection de Longue Durée (ALD)
Dans certaines formes sévères d’endométriose, votre médecin traitant peut estimer pertinent de faire une demande pour que votre maladie soit reconnue comme Affection de Longue Durée hors liste, appelée ALD 31. Il s’agit d’un dispositif destiné aux maladies graves, évoluant sur plus de 6 mois et nécessitant des soins particulièrement coûteux.4,5,6
Pour que les examens et les soins soient acceptés en ALD hors liste 31, la prise en charge de l’endométriose doit comprendre obligatoirement un traitement médicamenteux et répondre à au moins 2 des critères suivants :
- une hospitalisation à venir,
- des actes techniques médicaux répétés,
- des actes biologiques répétés,
- ou des soins paramédicaux réguliers et fréquents.4
Cette reconnaissance permet :
- une prise en charge à 100 % (sur la base de la Sécurité sociale) des soins liés à la maladie4
- la suppression du jour de carence en cas d’arrêt maladie3
- une meilleure coordination du suivi médical et professionnel.
L’ALD 31 n’est pas automatique : chaque dossier est examiné individuellement selon la gravité et la fréquence des soins nécessaires.
Action #2 : médecine du travail
La médecine du travail joue un rôle clé dans l’accompagnement des salariées touchées par l’endométriose. Comme nous l’avons vu, une visite avec le médecin du travail est obligatoire après tout arrêt de plus de 30 jours. Elle peut également être sollicitée lorsqu’un temps partiel thérapeutique est envisagé ou lorsque la maladie nécessite des aménagements spécifiques, par exemple dans le cadre d’une ALD.
Mais en dehors de ces situations, vous pouvez aussi demander vous-même une visite auprès de la médecine du travail. On l’oublie parfois, mais elle est là pour aider tous les salariés à préserver leur santé au travail !
Un rendez-vous avec le médecin du travail vous permettra d’évaluer vos conditions de travail (transports, activités, etc.) et de dresser la liste des difficultés que votre endométriose entraîne dans l’exercice de votre profession. Sur cette base, il peut vous proposer, si nécessaire, des adaptations telles que :

- un aménagement du poste de travail ;
- un aménagement de certaines activités ;
- un aménagement des horaires de travail et/ou la mise en place de télétravail ;
- un changement temporaire d’affectation, ou un nouveau poste dans l’entreprise avec une formation si besoin1,2,3
Le médecin du travail agit comme un médiateur : il vous écoute et, avec votre accord, échange avec votre employeur et les RH, dans le respect du secret médical, afin d’améliorer votre qualité de vie au travail et de mettre en place des aménagements concrets et formalisés.
Action #3 : explorer la reconnaissance en qualité de travailleuse handicapée (RQTH)
Lorsque l’endométriose dont vous souffrez a des répercussions importantes sur votre capacité à travailler, à obtenir un emploi ou à vous maintenir dans votre emploi il peut être pertinent de demander une Reconnaissance de la Qualité de Travailleur(se) Handicapé(e) (RQTH) auprès de la Maison Départementale des Personnes Handicapées (MDPH), avec l’appui de votre médecin traitant. Le diagnostic n’est transmis qu’à la MDPH : il n’est jamais communiqué à l’employeur. (Référence non trouvée sur l’acte « jamais »: information couverte par secret médical ) 1,2,3
Cette reconnaissance vise à adapter le travail à la personne, faciliter le maintien dans l’emploi et sécuriser le parcours professionnel.
En cas d’endométriose, la RQTH peut être attribuée pour une durée de 1 à 10 ans, renouvelable, vous donner accès à :1,2,3
- des aménagements de poste ou d’horaires ;
- un soutien à la reconversion professionnelle ;
- des aides financières pour l’entreprise (Agefiph ou Fiphfp) ;
- une protection accrue contre le licenciement lié à l’état de santé.
Cette reconnaissance peut ainsi sécuriser le parcours professionnel tout en réduisant le poids administratif et psychologique de la maladie.
L'idée d'un congé menstruel a récemment fait débat en France. Plusieurs propositions de loi ont été discutées, mais aucune n’a encore été adoptée à ce jour. Certaines entreprises ont cependant choisi d’expérimenter des dispositifs internes, permettant aux salariées concernées de poser un ou plusieurs jours en cas de douleurs menstruelles importantes.
Une avancée symbolique, qui ouvre le dialogue autour des douleurs gynécologiques au travail !
Conclusion
Chaque femme peut trouver des solutions pour mieux concilier endométriose et travail. L’essentiel : ne pas rester seule, s’informer, et penser à parler à son médecin traitant et à la médecine du travail, qui peuvent être de véritables alliés pour mettre en place des solutions concrètes et adaptées.
Références
- Assurance Maladie. Endométriose : suivi médical et vie quotidienne [Internet]. 2025 [consulté le 13 novembre 2025]. Disponible sur : https://www.ameli.fr/paris/assure/sante/themes/endometriose/suivi-medical-vie-quotidienne
- Mon Parcours Handicap. Comment adapter votre travail avec une endométriose ? [Internet]. 2025 [consulté le 13 novembre 2025]. Disponible sur : https://www.monparcourshandicap.gouv.fr/actualite/comment-adapter-votre-travail-avec-une-endometriose
- ANACT. Endométriose et travail : comprendre et agir. Guide pour les dirigeants et manageurs [Internet]. 2024–2025 [consulté le 13 novembre 2025]. Disponible sur : chrome-extension://efaidnbmnnnibpcajpcglclefindmkaj/https://www.anact.fr/sites/default/files/2024-03/guide_anact_endometriose_a5_bd_pap.pdf
- Assurance Maladie. Endométriose : définition et facteurs favorisants [Internet]. 2025 [consulté le 13 novembre 2025]. Disponible sur : https://www.ameli.fr/paris/assure/sante/themes/endometriose/definition-facteurs-favorisants
- EndoFrance. La prise en charge de l’endométriose en ALD 31 : les critères d’obtention [Internet]. 2022 [consulté le 13 novembre 2025]. Disponible sur : https://endofrance.org/la-prise-en-charge-de-lendometriose-en-ald-31-les-criteres-dobtention/
- Assurance Maladie. Qu’est-ce que le dispositif appelé Affection Longue Durée (ALD) ? [Internet]. 2025 [consulté le 13 novembre 2025]. Disponible sur : https://www.ameli.fr/paris/assure/droits-demarches/maladie-accident-hospitalisation/affection-longue-duree-ald/affection-longue-duree-maladie-chronique
- Juritravail. Congé fausse couche et congé menstruel : quelles sont les obligations de l’employeur ? [Internet]. 2025 [consulté le 13 novembre 2025]. Disponible sur : https://www.juritravail.com/Actualite/conge-menstruel-fausse-couche-obligations-employeurs/Id/355054 – – Proposition de loi visant à améliorer et garantir la santé et le bien-être des femmes au travail, déposée le 18 avril 2023
– Proposition de loi visant à reconnaître et protéger la santé menstruelle et gynécologique
dans le monde du travail, déposée le 20 février 2024
– Article L1222-9 du Code du travail
FR-TW-0126-007
Pour aller plus loin sur le sujet de l’endométriose,
voici quelques ressources fiables sélectionnées par L’équipe Think Women
Mon Parcours Handicap – Dossier “Comment adapter son travail avec une endométriose ?”. Disponible en ligne ici https://www.monparcourshandicap.gouv.fr/
ANACT – Guide “Endométriose et travail : comprendre et agir”. Disponible en ligne https://www.anact.fr/sites/default/files/2024-03/guide_anact_endometriose_a5_bd_pap.pdf
EndoFrance – Article “La prise en charge de l’endométriose en ALD 31 : les critères d’obtention”. Disponible en ligne https://endofrance.org/