Endométriose et opération : guide complet avant la chirurgie

Publié le 10 août 2026

Endométriose

L’équipe Think Women,

spécialisée en santé de la femme.

 

Revu et approuvé par

Dr Barbara Lauth
Gynécologue médicale et obstétricien
Tassin-la-Demi-Lune
Publié le 10 août 2026

Quand l’endométriose bouleverse le quotidien, la question de la chirurgie finit parfois par se poser. Mais comment savoir si c’est vraiment le bon choix ? Quels types d’opérations sont possibles ? À quoi s’attendre le jour J ? Et comment se préparer pour vivre cette étape le plus sereinement possible ? On fait le point !

Place de la chirurgie dans la prise en charge

Pour rappel, il n’existe pas de traitement curatif de l’endométriose : aucun traitement ne permet aujourd’hui de guérir définitivement de la maladie. L’objectif de la prise en charge est donc d’améliorer la qualité de vie, de réduire les douleurs, de limiter les lésions et, si besoin, d’accompagner un projet de grossesse.1,2,3

La prise en charge repose sur une alliance thérapeutique entre vous et l’équipe médicale, avec une approche progressive et personnalisée.

En 1ère intention : les traitements médicamenteux1,4

Ils associent généralement :

  • un traitement contre la douleur,
  • un traitement hormonal visant à mettre la maladie “au repos”, en supprimant les règles.1,2
En 2e intention : la chirurgie, en cas d’échec des médicaments1,4

Toutes les endométrioses ne nécessitent pas une opération. Elle est envisagée principalement :

  • lorsque les douleurs restent importantes malgré les traitements,2
  • ou en cas d’infertilité, lorsque les bénéfices attendus par une chirurgie dépassent les risques.2
Les soins de support : un complément précieux

Ostéopathie, yoga, relaxation, acupuncture ou encore neurostimulation électrique transcutanée (TENS) peuvent aider à soulager la douleur et à mieux vivre au quotidien.1 N’hésitez pas à lire aussi notre article « Douleurs d’endométriose : comment les soulager ? »

Comment se décide une chirurgie ?

La chirurgie de l’endométriose est une intervention complexe, surtout quand les lésions touchent des organes comme la vessie, les uretères (les petits canaux qui relient chaque rein à la vessie), le rectum ou le côlon. C’est pourquoi il est important qu’elle soit réalisée dans un centre expert, par une équipe pluridisciplinaire, réunissant les spécialistes nécessaires à votre cas individuel (chirurgiens gynécologues, digestifs, urologues…).1,2,3

La décision de la chirurgie doit être partagée entre vous et l’équipe soignante, et toujours personnalisée.

Une décision fondée sur vos objectifs3,4

Chaque endométriose est unique. La décision de chirurgie doit donc être centrée sur ce qui compte pour vous :

  • diminuer les douleurs,
  • améliorer votre sexualité,
  • aider un projet de grossesse qui tarde.

Comme le résume une spécialiste dans un article de la Fondation Recherche Endométriose :

“Pour la chirurgie, il s’agit de trouver le meilleur moment et la meilleure indication, l’idée actuellement est d’ « opérer moins, opérer mieux, opérer au meilleur moment ».

Une décision éclairée par un interrogatoire médical complet3

Avant d’envisager une opération, les médecins réalisent un interrogatoire très détaillé afin de :

  • Rechercher un diagnostic différentiel (une autre cause potentielle des douleurs, difficultés de sexualité, troubles de la fertilité…).
  • Repérer une éventuelle sensibilisation centrale (quand le système nerveux, fragilisé par les douleurs chroniques de l’endométriose, amplifie les sensations). L’objectif : savoir si l’opération pourra vraiment vous soulager.

 

L’objectif : éviter une opération inutile, voire contre-productive.

Une décision basée sur une “cartographie” précise de vos lésions3

Avant d’arrêter toute décision de chirurgie, l’équipe médicale fera un bilan en imagerie de votre endométriose pour dresser une carte exacte de la localisation de toutes vos lésions, afin d’anticiper les gestes nécessaires et les risques éventuels.

Une décision liée à votre projet de grossesse

Dans certains cas (nodules douloureux, atteintes digestives), la chirurgie peut augmenter les chances de grossesse, spontanée ou via une assistance médicale à la procréation.3,4

À l’inverse, l’intervention sur un endométriome (kyste ovarien lié à l’endométriose) peut, dans certains cas, diminuer la réserve ovarienne (le stock de futurs ovules disponibles dans les ovaires) car l’intervention peut retirer une partie du tissu ovarien sain. Le choix de ce type d’intervention doit donc être particulièrement réfléchi, en tenant compte de vos priorités actuelles et futures.3,4,5

Comprendre les différentes chirurgies possibles

Pour mieux visualiser ce qui peut être proposé, on distingue généralement trois éléments clés :

  1. L’objectif de la chirurgie ;
  2. La voie d’accès utilisée ;
  3. La technique opératoire
1. Les objectifs de la chirurgie

Nous l’avons vu, la chirurgie peut viser à :

  • diminuer la douleur,
  • améliorer la qualité de vie,
  • préserver ou améliorer la fertilité.

 

Ce sont vos objectifs personnels qui orientent la décision : ils doivent être clairement identifiés et discutés avec l’équipe médicale.

2. Les voies d’accès utilisées

Il existe deux grands types de voies d’accès (c’est-à-dire les “portes d’entrée” de la chirurgie) chacune avec un niveau d’invasivité différent. L’invasivité correspond à la profondeur avec laquelle la chirurgie pénètre dans les tissus et l’impact éventuel sur les tissus sains autour d’une lésion.

LA CŒLIOSCOPIE OU LAPAROSCOPIE1,3,4,6
  • Technique mini-invasive utilisant de petites incisions et une caméra.
  • Avantages : suites opératoires généralement simples, peu de risque d’adhérences (zones où les organes peuvent se « coller » entre eux après une chirurgie), cicatrices plus discrètes.
  • Selon les recommandations, c’est la voie d’accès à privilégier chaque fois que cela est possible.
LA LAPAROTOMIE1,7
  • Ouverture plus large de la paroi abdominale que la cœlioscopie, généralement horizontale, permettant au chirurgien d’accéder directement aux organes.
  • Indiquée dans certains cas d’endométriose profonde ou complexe.
3. Les différentes techniques chirurgicales

Maintenant que nous avons vu les voies d’accès, parlons des techniques utilisées pour retirer les lésions d’endométriose une fois que le chirurgien est « entré » dans le corps. Selon le type de lésions, les chirurgiens utilisent des gestes plus ou moins invasifs : certains agissent en surface, d’autres nécessitent d’aller en profondeur dans les tissus. Voici comment elles se distinguent.

POUR LES LESIONS SUPERFICIELLES5
  • Elles peuvent être détruites par vaporisation (laser, plasma ou courant électrique) lorsqu’elles sont très petites (< 1 mm).
  • Cette technique, qui « transforme la lésion en fumée », est peu invasive.
  • Elle n’est pas adaptée aux lésions profondes.
POUR LES LESIONS « CLASSIQUES »5
  • Elles nécessitent une exérèse complète, c’est-à-dire le retrait de la zone infiltrée par la maladie.
  • Le geste est plus invasif que pour les lésions superficielles.
  • Outils possibles : ciseaux, bistouri à ultrasons, laser, énergie plasma.
POUR LES LESIONS PROFONDES (DITES “ICEBERGS”)5
  • Ces lésions profondes peuvent infiltrer le vagin, les uretères, le rectum…
  • Elles nécessitent un retrait en profondeur.
  • Ces chirurgies sont d’autant plus invasives que la lésion est profonde.
À noter : Les lésions profondes du côlon et du rectum
Les interventions sur le côlon ou le rectum sont celles qui exposent le plus au risque de complications postopératoires. Dans certains cas, une petite ouverture temporaire peut être créée sur le ventre pour permettre aux selles d’être évacuées dans une poche temporaire le temps de la cicatrisation après l’opération.4 Ce sont donc des chirurgies souvent invasives, mais un espoir d’interventions moins intrusives dans ces localisations d’endométriose existe ! Un traitement mini-invasif de l’endométriose rectale par ultrasons focalisés de haute intensité (HIFU) est actuellement à l’étude. Cette technique, testée dans plusieurs centres français, consiste à introduire une petite sonde par voie endorectale pour chauffer et dévitaliser le nodule en quelques minutes, sans l’enlever, lors d’une intervention de moins d’une heure qui peut être répétée si nécessaire.1

Sachez aussi que certaines chirurgies peuvent, selon les centres, être désormais assistées par robot.3

LE CAS PARTICULIER DES ENDOMETRIOMES (KYSTES OVARIENS)5,3

C’est l’un des sujets les plus sensibles de la thématique « endométriose et opération », car il peut impacter la fertilité. Plus la technique est invasive, plus elle risque d’entamer la réserve ovarienne.

D’où l’importance de bien comprendre les options et de les mettre en regard de vos objectifs de prise en charge.

  • La ponction-drainage: technique la moins invasive, par aspiration/drainage du contenu du kyste. Utilisée pour les patientes ayant déjà une réserve ovarienne altérée. Souvent utilisée dans un contexte de procréation médicalement assistée, juste avant une fécondation in vitro, pour une efficacité court terme, car il y a 100 % de récidive du kyste après cette méthode.
  • La sclérothérapie (alcoolisation): technique un peu plus invasive que le drainage, mais toujours très conservatrice. On injecte de l’alcool à 95° à l’intérieur du kyste pendant 10–15 min pour détruire la couche interne du kyste sans toucher la couche externe, ni le tissu ovarien aux alentours.  
  • La vaporisation / ablation : technique avec un objectif et une invasivité similaire à la sclérothérapie. L’idée est de détruire la couche interne du kyste au laser/plasma, sans toucher la couche externe, ni le tissu ovarien aux alentours.
  • La kystectomie : technique la plus invasive mais la plus « efficace » sur le plan mécanique. L’objectif est le retrait complet du kyste (couche interne et externe) en emportant souvent une partie du tissu ovarien sain. 

Comment choisir, nous direz-vous ?  Tout dépend de : votre âge, la localisation et la taille des lésions, votre projet de grossesse, une éventuelle procréation médicale assistée en cours ou en vue,  votre réserve ovarienne actuelle.

LE CAS PARTICULIER DE LA CYSTECTOMIE PARTIELLE (ENDOMETRIOSE DE LA VESSIE)4

Une cystectomie partielle peut s’envisager en cas de lésions d’endométriose dans la vessie. Elle consiste à retirer uniquement la portion de la vessie touchée par l’endométriose, et non toute la vessie. L’objectif est d’enlever les lésions en profondeur tout en préservant la fonction urinaire normale.

LE CAS PARTICULIER DE L’URETEROLYSE ET DES RESECTIONS URETERALES (ENDOMETRIOSE DES URETERES)4

En cas d’atteinte des uretères par une endométriose profonde, plusieurs techniques peuvent être utilisées. L’urétérolyse consiste à libérer l’uretère comprimé sans le couper. Lorsque la lésion infiltre l’uretère en profondeur, il faut alors retirer la portion malade de l’uretère puis raccorder les deux extrémités saines (c’est ce que l’on appelle une résection urétérale avec anastomose termino-terminale). Si la zone touchée est proche de la vessie ou que le raccord direct n’est pas possible, le chirurgien reconnecte l’uretère directement ailleurs dans la vessie (c’est ce que l’on appelle une résection urétérale avec réimplantation vésicale).

À noter :
Avant une opération, il est essentiel d’échanger avec votre équipe médicale sur les complications possibles et les taux de récidive : leur nature dépendra de votre situation et du type de chirurgie prévue. On ne les détaillera pas ici, parce qu’elles varient selon chaque cas individuel, mais il est important d’être pleinement informée des risques éventuels d’une chirurgie pour pouvoir avancer en confiance et prendre une décision éclairée, en accord avec vos priorités et votre projet de vie.3,4 Sachez aussi que selon votre opération, vous pourriez devoir suivre un traitement hormonal avant la chirurgie. Et il est souvent recommandé de prendre un traitement hormonal après pour réduire le risque de récidive et améliorer votre qualité de vie. N’hésitez pas à questionner l’équipe médicale à ce sujet.4
Comment bien se préparer ?2,4,7

Une chirurgie, même mini-invasive, mérite une véritable préparation.

Parlez à votre équipe médicale pour savoir comment se déroulera votre journée d’hospitalisation, comment seront prises en charge les douleurs, ce qu’il faut savoir sur l’anesthésie, qui vous accompagne en salle de réveil, qu’attendre des suites opératoires (sonde urinaire, drains, perfusion, éventuelle poche transitoire de dérivation des matières fécales (dans certains cas de lésions digestives), retours aux toilettes, alimentation, mobilité, retour à la maison, rendez-vous post-opératoires) etc.

Selon l’intervention prévue, un régime spécifique peut être nécessaire avant l’opération (comme un régime sans résidus). N’hésitez pas à vérifier ce qu’il faut anticiper.

Enfin, la consultation d’anesthésie est obligatoire : pensez à apporter la liste de vos antécédents médicaux, de vos traitements et toutes vos questions !

Conclusion

Se préparer à une chirurgie de l’endométriose, c’est comprendre ce qui va se passer, s’entourer des bons interlocuteurs et anticiper ce qui peut l’être. La décision d’opérer se prend toujours avec l’équipe médicale, en tenant compte de vos besoins et du rapport bénéfices-risques. Bien informée et accompagnée, cette étape peut devenir une véritable opportunité d’améliorer votre qualité de vie.

Références

  1. Les traitements de l’endométriose [Internet]. 2025 [consulté le 17 novembre 2025]. Disponible sur : https://endofrance.org/la-maladie-endometriose/traitements-endometriose/
  2. Assurance Maladie. Traitement de l’endométriose [Internet]. 2025 [consulté le 17 novembre 2025]. Disponible sur : https://www.ameli.fr/paris/assure/sante/themes/endometriose/traitement
  3. Fondation Recherche Endométriose sous l’égide de la la fondation pour la recherche médicale. Dossier spécial : chirurgie de l’endométriose : quelles applications et quelles limites ? 2024. [consulté le 17 novembre 2025]. Disponible sur : https://www.fondation-endometriose.org/chirurgie-endometriose/
  4. Haute Autorité de Santé, Collège National des Gynécologues et Obstétriciens Français. Prise en charge de l’endométriose. Recommandations pour la pratique clinique. 2017.
  5. Institut Franco Européen Multidisciplinaire d’endométriose. Chirurgie gynécologique de l’endométriose [Internet]. 2021. [consulté le 17 novembre 2025]. Disponible sur : https://www.institutendometriose.com/chirurgie-de-lendometriose/chirurgie-gynecologique/
  6. Centre de l’Endométriose Complexe. Comment se passe l’opération de l’endométriose ? Un guide complet. [consulté le 17 novembre 2025]. Disponible sur : https://centre-endometriose-complexe.com/comment-se-passe-loperation-de-lendometriose/
  7. Yrysa nous raconte son intervention : l’abc de la laparoscopie [Internet]. 2024 [consulté le 17 novembre 2025]. Disponible sur : https://endofrance.org/la-maladie-endometriose/experiences-temoignages-patientes/yrysa-nous-raconte-son-intervention-labc-de-la-laparoscopie/

 

FR-TW-0126-002

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Pour aller plus loin sur le sujet de l’endométriose,
voici quelques ressources fiables sélectionnées par L’équipe Think Women

Fondation Recherche Endométriose sous l’égide de la la fondation pour la recherche médicale – Dossier spécial : chirurgie de l’endométriose : quelles applications et quelles limites ? Disponible en ligne : https://www.fondation-endometriose.org/chirurgie-endometriose/

EndoFrance – Article “ Yrysa nous raconte son intervention : l’abc de la laparoscopie ”. Disponible en ligne : https://endofrance.org/la-maladie-endometriose/experiences-temoignages-patientes/yrysa-nous-raconte-son-intervention-labc-de-la-laparoscopie/