Des bouffées de chaleur avant 45 ans ? Et si c’était finalement une ménopause prématurée…
Ménopause
L’équipe Think Women,
spécialisée en santé de la femme.
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Yvetot
Vous avez moins de 45 ans, vos règles se sont arrêtées, la fatigue s’installe et vous ressentez parfois des bouffées de chaleur… Et si c’était le signe d’une ménopause prématurée ? Longtemps ignorée, cette situation concerne pourtant environ 5 % des femmes entre 40 et 45 ans, et 1 % des femmes avant 40 ans.1 En parler, mettre un mot dessus, c’est déjà se réapproprier cette étape et retrouver de la sérénité.
Ménopause prématurée : une réalité encore trop méconnue
• À quel âge survient la ménopause ?
L’arrêt définitif des règles physiologiques (sans contraception hormonale) intervient généralement entre 45 et 55 ans, avec une moyenne de 51 ans en France. 2-4 Dans ce cas, on parle de ménopause physiologique. 2,3
Ceci reste toutefois une moyenne ! Pour certaines femmes, cette phase naturelle de la vie peut être plus tardive lorsqu’elle survient après 55 ans. On parle alors de ménopause tardive. 2,3
À l’inverse, elle peut aussi survenir naturellement plus tôt, entre 40 et 45 ans. On parlera alors de ménopause prématurée ou anticipée. 2,3
Une ménopause tardive ou prématurée reste une ménopause physiologique, non pathologique.
Lorsque la ménopause survient avant 40 ans, on parlera d’insuffisance ovarienne prématurée (IOP). Dans ce cas, les ovaires arrêtent de fonctionner en lien avec une cause sous-jacente.2,3
• Quelle différence entre la ménopause prématurée et la périménopause ?
Il ne faut pas confondre la ménopause prématurée avec la périménopause.
La ménopause prématurée correspond en effet à l’arrêt des règles entre 40 et 45 ans alors que la périmopause, c’est la période de transition avant la ménopause, quel que soit l’âge. 2-4
Cette phase se manifeste par des cycles irréguliers (plus courts ou plus longs) et par l’apparition des premiers signes de la ménopause, comme les bouffées de chaleur. Elle peut durer entre 2 et 4 ans et survient en moyenne autour de 47 ans. 2-5
Ménopause prématurée : les signes à repérer
Certains signes doivent alerter, surtout s’ils apparaissent sans cause apparente. Le premier symptôme de la ménopause est souvent l’irrégularité des règles, d’abord de plus en plus fréquentes, puis de moins en moins, voire leur disparition sur plusieurs mois. 3-5
Mais d’autres manifestations peuvent accompagner cet arrêt progressif du fonctionnement des ovaires. On parle de troubles climatériques (c’est-à-dire liés à la ménopause) :
- Des bouffées de chaleur et des sueurs nocturnes, 2,3,4,5
- Une fatigue persistante avec un sommeil perturbé, 2,4
- Des douleurs articulaires, parfois diffuses et fluctuantes, 4,5
- Des troubles génito-urinaires avec une sécheresse vaginale et des douleurs pendant les rapports sexuels, 2-5
- Une prise de poids inexpliquée modérée.2
Sur le plan psychique, la périménopause peut s’accompagner d’irritabilité, d’anxiété et de troubles de la mémoire et de la concentration (brouillard mental). 2,5
Certains de ces symptômes sont transitoires. Ils apparaissent autour de l’arrêt de règles et s’atténuent avec le temps. Néanmoins, un quart des femmes les ressent encore dix ans après. D’autres symptômes, comme les troubles génito-urinaires, peuvent également s’installer et s’aggraver avec l’âge. 4
Chaque femme est différente. Certaines n’ont aucun symptôme, d’autres peuvent en cumuler plusieurs, plus ou moins discrets, désagréables ou gênants. Un suivi médical régulier permet alors de les prendre en charge rapidement pour maintenir une bonne qualité de vie. 4
Pour en savoir plus sur les symptômes de la ménopause, consultez notre article dédié : Symptômes de la ménopause : comment les reconnaître ?
Ménopause prématurée : en parler rapidement pour agir
• Pourquoi en parler ?
Face aux premiers signes d’une ménopause avant 45 ans, il est essentiel d’en parler à son médecin. L’arrêt précoce de la production d’œstrogènes peut en effet avoir un impact important sur la santé à long terme :
- Maladies cardiovasculaires 3,6,7
- Fragilité osseuse et ostéoporose 3,5,7
- Déclin cognitif et risque de maladie d’Alzheimer 4,5,7,8
Une ménopause prématurée peut également être une période de vulnérabilité psychique.4
Une attention particulière doit alors être portée à la santé mentale lors de cette étape importante dans la vie d’une femme.
• Quelle prise en charge ?
Face à des symptômes désagréables ou gênants, des solutions existent. Votre médecin vous proposera celle qui offre le meilleur équilibre entre bénéfices et risques.4
Le traitement hormonal de la ménopause (THM) est généralement envisagé en cas de ménopause confirmée, sauf contre-indication. En plus de soulager certains symptômes, il contribuerait à prévenir certaines complications.3,5
- Le THM aurait un effet favorable en prévention de l’athérosclérose si ce traitement est donné précocement, dans la période dite de « fenêtre d’intervention thérapeutique », c’est-à-dire dans les 10 premières années de la ménopause. 5
- Le THM est par ailleurs recommandé en première intention en début de ménopause pour prévenir l’ostéoporose en cas de risque fracturaire.3
- Dans les études épidémiologiques d’observation, le THM prescrit au moins jusqu’à l’âge de 50 ans pourrait jouer sur le risque de déclin cognitif et de démence. 5
Le THM n’est jamais prescrit automatiquement : il présente aussi des risques et doit être décidé ensemble, avec votre professionnel de santé, selon votre situation personnelle.
Pour aller plus loin, découvrez notre article complet « Traitement de la ménopause : hormones ou pas ? »
Conclusion
Qu’elle survienne à 35, 40 ou 50 ans, la ménopause n’est ni une maladie, ni une fin. C’est une étape clé dans la vie d’une femme, qui mérite d’être expliquée et accompagnée. Si vous avez un doute, même avant 45 ans, n’attendez pas : parlez-en à un professionnel de santé. Il pourra vous aider à traverser cette période avec plus de sérénité. Parce qu’en parler, c’est déjà prendre soin de soi !
Références
- Faubion SS et al. Long-term health consequences of premature or early menopause and considerations for management. Climacteric. 2015;18(4):483-91.
- Ameli. Ménopause : quelles répercussions sur la santé ? En ligne sur le site de l’Assurance maladie : https://www.ameli.fr/assure/sante/themes/menopause/menopause-quelles-repercussions-sur-la-sante [consulté le 09/09/2025 ; publié le 27/06/2025].
- Trémollieres F et al. Les femmes ménopausées : recommandations pour la pratique clinique du CNGOF et du GEMVi (Texte court). Recommandations pour la pratique clinique (RPC). Gynécologie Obstétrique Fertilité & Sénologie 2021;49:305-17.
- Inserm. Ménopause. En ligne sur le site de l’Inserm : https://www.inserm.fr/dossier/menopause/ [consulté le 09/09/2025 ; publié le 18/09/2023].
- GEMVi (Groupe d’Etude de la Ménopause et du Vieillissement hormonal). La prise en charge de la ménopause. Fiche d’information aux patientes. 2017.
- Rocca WA et al. Premature menopause or early menopause and risk of ischemic stroke. Menopause. 2012;19(3):272-7.
- Sochocka M et al. Cognitive Decline in Early and Premature Menopause. Int. J. Mol. Sci. 2023 ;24:6566.
- Ryan J et al. Impact of a premature menopause on cognitive function in later life. BJOG 2014;1729-39.
FR-TW-0126-020
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Pour aller plus loin sur le sujet de la ménopause,
voici quelques ressources fiables sélectionnées par L’équipe Think Women
Ameli – Ménopause et périménopause. Un dossier complet mis à jour en 2025, qui détaille les symptômes, les causes et la prise en charge de la ménopause. Disponible en ligne : https://www.ameli.fr/
Inserm, Institut national de la santé et de la recherche médicale – Dossier : Ménopause. https://www.inserm.fr/
Inserm, Institut national de la santé et de la recherche médicale – Vidéo : Au cœur des organes : Le cycle ovarien. Disponible en ligne : https://www.youtube.com/watch?v=9wK8G60rDZA&t=4s