Ménopause et libido : pourquoi le désir s’essouffle et comment le réveiller ?
Ménopause
L’équipe Think Women,
spécialisée en santé de la femme.
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La ménopause s’accompagne souvent de changements, notamment dans la vie intime.
Le désir féminin diminue malheureusement parfois. Et cette situation est loin d’être rare puisque plus de 8 femmes sur 10 disent ressentir une baisse de libido à ce moment-là de leur vie.1 Mais ce sujet encore tabou est trop souvent passé sous silence… alors qu’une vie sexuelle épanouie reste essentielle au bien-être et à l’équilibre des femmes, même après la ménopause.1,2
Essayons ensemble de comprendre pourquoi le désir s’essouffle après 50 ans. Et surtout, voyons comment rallumer la flamme pour retrouver confort, plaisir et complicité avec son partenaire.
Pourquoi la ménopause bouleverse la libido et la sexualité ?
On pense souvent que la baisse du désir à la ménopause est uniquement liée aux hormones. En réalité, c’est plus complexe. La sexualité est influencée par plusieurs facteurs qui s’entrecroisent : les changements hormonaux et physiques, bien sûr, mais aussi les émotions et l’estime de soi, la qualité de la relation de couple, la santé du partenaire ou encore certains traitements médicaux. Autrement dit, chaque femme vit cette étape à sa façon, avec une expérience intime unique.2,3
Les changements hormonaux 2-5
La ménopause entraîne une baisse des hormones sexuelles, notamment des œstrogènes et des androgènes (comme la testostérone et la DHEA). Ces hormones ont un impact direct sur le désir féminin, l’excitation et la qualité des rapports intimes.
À la ménopause, le désir se fait alors plus discret et les moments intimes peuvent sembler moins épanouissants qu’avant.
Les symptômes physiques associés 2-8
Au-delà du désir lui-même, la ménopause s’accompagne souvent de modifications physiques au niveau de la sphère intime. La chute des œstrogènes peut en effet entraîner des changements au niveau du vagin, de la vulve, du clitoris mais aussi au niveau de l’urètre et de la vessie.
Le vagin voit sa paroi s’amincir, on parle alors d’atrophie vaginale. Il devient également moins souple et voit son élasticité diminuer.
Les sécrétions vulvaires et vaginales diminuent, rendant la vulve et le vagin plus fragiles.
Les petites lèvres peuvent également se rétracter.
L’urètre peut s’affaisser et l’orifice de sortie de l’urine devenir plus visible ou proéminent. N’hésitez pas à consulter notre article Fuites, envies pressantes et infections urinaires… quand la ménopause chamboule la vessie pour en savoir plus sur les troubles urinaires.
Résultat côté génital : sécheresse intime, irritations, sensations de brûlure ou de démangeaisons, inconfort, douleurs pendant les rapports… autant de symptômes souvent liés à l’atrophie vaginale. À la ménopause, ces troubles peuvent fortement impacter la vie intime et sexuelle.
Ces symptômes physiques ne sont pas anodins. La sécheresse vaginale, très fréquente, est considérée comme un facteur majeur de baisse de la libido. Près de 9 femmes sur 10 reconnaissent qu’elle affecte directement leur désir. Les douleurs pendant les rapports compliquent la vie intime, diminuent le plaisir et entraînent souvent une appréhension des relations sexuelles. Et en présence d’incontinence urinaire, les problèmes sexuels sont encore plus fréquents.
Ces modifications physiques peuvent également altérer l’excitation et peuvent rendre difficile l’atteinte de l’orgasme ou l’orgasme moins intense.
Les troubles génitaux et urinaires surviennent et s’aggravent avec la durée de la ménopause.
Les facteurs psychologiques 2,3
Les émotions et le regard que l’on porte sur soi comptent tout autant que les problèmes physiques engendrés par la chute des hormones.
Avec la ménopause, le corps change : la peau est plus fine et plus marquée, on prend du poids et on perd du muscle, les poils et les cheveux deviennent blancs… et ces transformations physiques peuvent fragiliser l’estime de soi. C’est pourquoi, beaucoup de femmes après 50 ans se sentent plus vulnérables, craignent de ne plus séduire et peuvent perdre confiance en elles.
L’anxiété ou la dépression viennent parfois s’ajouter au tableau. Elles sont souvent associées à une baisse du désir et à une moindre satisfaction sexuelle.
C’est cette combinaison corps, émotions et confiance en soi, qui explique pourquoi la ménopause peut bouleverser à ce point le désir et la vie intime.
Les facteurs relationnels 2,3
La sexualité ne dépend pas seulement de soi, elle s’inscrit aussi dans la relation avec son partenaire. Dans un couple, les changements liés à la ménopause se croisent avec ceux du conjoint, qui vieillit lui aussi. Avec l’âge, ce dernier peut aussi vivre avec ses propres difficultés comme des troubles érectiles et des maladies associées (diabète, maladies cardiovasculaires…). Les rapports sexuels peuvent alors s’espacer, la complicité s’effriter et le désir s’en ressentir.
Dans ce cas, la qualité de la relation est essentielle. Une vie de couple épanouie, basée sur l’écoute et le partage, protège la vie intime. À l’inverse, les tensions, la routine ou le manque de connexion fragilisent la sexualité de l’un et de l’autre.
Il faut alors trouver un équilibre sexuel dans le couple puisque tout ce qui touche l’un se répercute sur l’autre :
- La douleur d’une femme pendant les rapports peut freiner le désir, l’éjaculation ou la satisfaction de son partenaire.
- Une dysfonction érectile chez l’homme peut diminuer le désir, l’excitation, l’orgasme et la satisfaction de la femme.
Les facteurs médicaux 2,3
La santé de façon générale peut aussi freiner la sexualité.
- Les maladies chroniques comme le diabète ou les maladies cardiovasculaires, la fatigue ou la présence de douleurs musculaires ou articulaires peuvent peser sur le désir et le plaisir.
- Certains médicaments sont également connus pour provoquer des troubles sexuels comme les antidépresseurs.
Chaque femme traverse donc cette étape à sa manière avec son histoire, son corps et ses ressentis.2,3 Mais une chose est sûre, la ménopause ne signe pas la fin de la sexualité. Elle marque plutôt le début d’une nouvelle phase, différente, qu’il est possible de réinventer.2
Quelles solutions pour réveiller la libido ?
Se reconnecter à sa libido et à son intimité, c’est possible ! La première étape, c’est d’oser en parler. Votre médecin ou gynécologue pourra ensuite vous orienter vers les solutions les plus adaptées. Elles ont toutes un objectif commun : vous aider à retrouver du plaisir.
Des approches médicales 2-7
Il est tout d’abord essentiel de traiter les symptômes liés au syndrome génito-urinaire de la ménopause (SGUM). On peut notamment citer :
- Les lubrifiants, à utiliser lors des rapports sexuels, soulagent immédiatement la sécheresse intime. Les hydratants vaginaux, eux, s’appliquent régulièrement pour restaurer l’hydratation sur le long terme.
- Les traitements locaux hormonaux (à faible dose), à appliquer quotidiennement ou plusieurs fois par semaine, sont efficaces sur l’ensemble des symptômes du SGUM. Ils permettent notamment de lutter contre l’atrophie vaginale qui peut engendrer des douleurs lors des rapports. 3-5,7
- En association ou non aux traitements locaux hormonaux, le traitement hormonal de la ménopause (THM) peut également être prescrit dans certains cas pour prendre en charge les troubles génito-urinaires. À noter que le THM, en agissant sur les troubles du sommeil, la fatigue, les douleurs articulaires et les troubles de l’humeur, peut avoir un impact positif sur la libido.
- Le laser vaginal existe également. Toutefois, son efficacité reste encore discutée.
Un accompagnement spécialisé 2,3,7
Parler de sexualité avec un professionnel formé (gynécologue, psychologue ou sexologue) permet de lever les tabous et de trouver des solutions à chaque cas.
Quand la sexualité est perturbée, un accompagnement psychologique peut en effet être d’une aide précieuse. Selon la situation, la psychothérapie peut être proposée seule ou associée à d’autres approches médicales, comme la rééducation du plancher pelvien et un traitement hormonal ou non hormonal.
L’important est que cet accompagnement soit personnalisé, centré sur ce qui pèse le plus dans la vie de chaque femme et sur ce qui l’empêche de retrouver une sexualité épanouie.
Faites-vous plaisir !2,7 Le meilleur conseil que l’on puisse vous donner est simple : garder une activité sexuelle régulière. Redécouvrir les caresses, les jeux amoureux ou les plaisirs en solo, c’est entretenir la flamme. Le corps reste à tout âge une source de plaisir.
Toute activité sexuelle aide à maintenir le bon fonctionnement des organes génitaux. Et les bénéfices vont bien au-delà de l’intimité ! Une sexualité active améliore l’humeur, favorise la relaxation et le sommeil, stimule l’immunité et contribue même à la santé et à la longévité.
En d’autres termes, préserver sa sexualité, c’est prendre soin de son corps, de son moral et de son bien-être global.
Des gestes simples au quotidien2,3,5,7
Enfin, prendre de bonnes habitudes peut faire une grande différence pour mieux vivre la ménopause et se sentir bien dans son corps :
- Bouger régulièrement : l’activité physique comme la marche aide à garder la ligne, à renforcer les muscles, à prévenir l’ostéoporose, les chutes et même certaines maladies cardiovasculaires ou cancers.
- Limiter tabac et alcool.
- Manger équilibré : on privilégie un régime pauvre en graisses et sucres rapides et riche en légumes verts, crudités, fruits et poissons. Et on n’oublie pas le calcium et la vitamine D, indispensables pour les os.
- Prendre soin de soi : se sentir belle et désirable fait aussi partie du plaisir. L’image que l’on a de son corps joue un rôle essentiel dans la sexualité.
Ces gestes simples, mis en place jour après jour, deviennent de vrais alliés pour votre santé, votre bien-être et votre confiance.
Conclusion
La ménopause ne signifie pas la fin de la sexualité, c’est une nouvelle étape dans votre vie intime.2 Certes, le désir change et peut être perturbé par les hormones, les douleurs ou le regard porté sur soi. Mais de nombreuses solutions existent pour retrouver du plaisir. L’essentiel est d’oser en parler à son médecin / gynécologue mais aussi à son partenaire. Parce que le désir ne disparaît pas avec l’âge : il se réinvente !
Références
- Cumming GP et al. Web-based survey on the effect of menopause on women’s libido. Menopause International 2009;15:8-12.
- Rossin B. Les maux cachés, sexualité de la femme en post-ménopause. Ou, comment, révéler les secrets des fonctions sexuelles à la ménopause. Sexologies 2022;31:1-6.
- Simon JA et al. Sexual well-being after menopause: an International Menopause Society White Paper. Climacteric 2018;21(5):415-27.
- Hocké C et al. Syndrome génito-urinaire de la ménopause (SGUM). Recommandations pour la pratique Clinique (RPC) les femmes ménopausées du CNGOF et du GEMVi. Gynécologie Obstétrique Fertilité & Sénologie 2021;49:394-413.
- GEMVi (Groupe d’Etude de la Ménopause et du Vieillissement hormonal). La prise en charge de la ménopause. Fiche d’information aux patientes. 2017.
- Inserm. Ménopause. En ligne sur le site de l’Inserm : https://www.inserm.fr/dossier/menopause/ [consulté le 09/09/2025 ; publié le 18/09/2023].
- Trémollieres F et al. Les femmes ménopausées : recommandations pour la pratique clinique du CNGOF et du GEMVi (Texte court). Recommandations pour la pratique clinique (RPC). Gynécologie Obstétrique Fertilité & Sénologie 2021;49:305-17
- Watson A et al. Genitourinary syndrome of menopause: An important diagnosis for dermatologists. J Am Acad Dermatol 2025;93:742-4.
FR-TW-0126-022
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Pour aller plus loin sur le sujet de la ménopause,
voici quelques ressources fiables sélectionnées par L’équipe Think Women
- Ameli – Ménopause et périménopause. Un dossier complet mis à jour en 2025, qui détaille les symptômes, les causes et la prise en charge de la ménopause. Disponible en ligne : https://www.ameli.fr/assure/sante/themes/menopause
- Inserm, Institut national de la santé et de la recherche médicale – Dossier : Ménopause. https://www.inserm.fr/dossier/menopause/
- Inserm, Institut national de la santé et de la recherche médicale – Vidéo : Au cœur des organes : Le cycle ovarien. Disponible en ligne : https://www.youtube.com/watch?v=9wK8G60rDZA&t=4s