Endométriose et grossesse : mythes et réalités
Endométriose
L’équipe Think Women,
spécialisée en santé de la femme.
Revu et approuvé par
Montbonnot-Saint-Martin
Quand on vit avec une endométriose, on entend toutes sortes de récits. Et c’est encore plus vrai autour du sujet « endométriose et grossesse ». Certains sont vrais… D’autres nettement moins. Alors aujourd’hui, on fait le tri sur 8 affirmations : sont-elles des mythes ou des réalités ? Vraies ou fausses ? C’est parti !
« Avec une endométriose, je ne pourrai jamais avoir d’enfant. »
Mythe… et bonne nouvelle : la réalité est beaucoup plus nuancée !
Non, l’endométriose ne rime pas toujours avec infertilité. Les données rappellent que 60 à 70 % des femmes atteintes d’endométriose parviennent à tomber enceintes, souvent spontanément.1
Alors pourquoi ce mythe persiste ? Parce que la maladie peut, chez certaines, perturber une ou plusieurs étapes clés de la conception d’un enfant : ovulation, rencontre ovule–spermatozoïde, implantation…1 Mais cela ne touche pas toutes les femmes atteintes d’endométriose de la même façon. On le rappelle : il n’y a pas une seule endométriose, mais une multitude de formes, propres à chaque femme.
Il faut retenir la très bonne nouvelle : les chiffres sont clairs, la majorité des femmes concilieront endométriose et grossesse, parfois sans aucun problème, parfois avec un peu plus de temps, parfois avec un coup de pouce médical, mais une grossesse reste tout à fait possible.
Une prise en charge précoce de l’endométriose aide à réduire les douleurs, en particulier lors des rapports sexuels, diminue le risque de lésions, et crée ainsi des conditions plus favorables à une future grossesse.
« Si j’ai une endométriose, je devrai forcément passer par la procréation médicalement assistée (PMA). »
Mythe… pas forcément !
Là encore, la réalité est plus nuancée.
Comme le rappelle l’association EndoFrance, de nombreuses femmes conçoivent spontanément, et parfois avec l’aide de la PMA.1
La PMA n’est qu’une option, ce n’est pas un passage obligé. Elle est proposée si la conception naturelle tarde, si la réserve ovarienne est diminuée par la maladie ou certaines chirurgies, ou encore si d’autres facteurs sont en jeu : trompes bouchées, troubles de la fertilité chez le partenaire, etc.1,2
On retient donc que « endométriose et grossesse » ne riment pas forcément avec PMA.
Concernant le sujet « chirurgie et réserve ovarienne », nous vous renvoyons vers notre article « Endométriose et opération : guide complet avant la chirurgie ? » (lien à intégrer)
S’il n’ y a pas de grossesse après six mois d’essai, il est raisonnable de faire un bilan de fertilité.7
« L’endométriose réduit les chances de réussite d’une fécondation in vitro (FIV). »
Réalité… mais à nuancer !
D’abord deux points positifs :
- Les études montrent que la qualité des embryons obtenus par FIV est comparable chez les femmes avec ou sans endométriose.2

- La présence de lésions d’endométriose sur les ovaires (endométriomes) de moins de 6 cm laissés en place pendant la FIV n’altère ni la qualité des embryons, ni les taux de grossesse.2
Ce qui change, c’est surtout le nombre d’ovules recueillis lors de la phase de stimulation ovarienne. Cela influence directement le nombre d’ovules disponibles pour la fécondation in vitro2, et donc le nombre d’embryons pouvant être créés. Parfois le nombre d’ovules recueillis est plus faible à cause de la maladie ou d’antécédents chirurgicaux qui impactent la réserve ovarienne. C’est ce qui explique des taux cumulés de grossesse suite à une FIV légèrement plus faibles chez les femmes atteintes d’endométriose.2 Cela dit, toutes les femmes atteintes d’endométriose n’ont pas forcément une réserve ovarienne diminuée. Et même avec peu d’embryons créés, une FIV peut réussir : il en suffit d’un !
« Avec une endométriose, je risque de faire des fausses couches. »
Réalité… mais à nuancer !
Les données de l’Inserm sont claires : les femmes atteintes d’endométriose présentent un risque accru de fausse couche au cours du premier trimestre de grossesse par rapport aux femmes non concernées.3
Mais ce n’est pas une fatalité : malgré ce sur-risque, la majorité des grossesses sont menées à terme.
« Pour avoir un bébé, je dois tomber enceinte le plus tôt possible. »
Une réalité à manier avec discernement…
Certains médecins conseillent de ne pas trop retarder la première grossesse, car l’endométriose peut rendre la fertilité plus fragile avec le temps. Essayer tôt peut augmenter les chances de conception. 1,4
Mais attention : il n’existe pas d’âge universellement « idéal » pour avoir un enfant.
L’âge est un paramètre important, mais il ne fait pas tout. Il faut également tenir compte de nombreux autres facteurs : la forme et l’évolution de votre endométriose (réserve ovarienne, localisation des lésions, traitements…), mais aussi votre situation personnelle, votre projet de vie, vos envies.
Faire un enfant n’est pas qu’un choix biologique : c’est une décision globale, intime et personnelle.
« La grossesse guérit l’endométriose. »
Mythe… qui circule encore beaucoup !
Cette idée reçue est très répandue. Et pourtant c’est faux : endométriose et grossesse n’égalent pas guérison. Même si cela aurait été formidable, la grossesse n’efface pas les lésions et ne guérit pas de la maladie.5
Elle peut induire une période d’accalmie, grâce à des modifications hormonales et la mise en pause des règles. Comme l’endométriose évolue principalement au rythme des cycles menstruels, les symptômes et lésions peuvent donc diminuer pendant la grossesse, mais reviennent parfois (et même souvent) après l’accouchement avec le retour des règles.5
Donc non, la grossesse ne guérit pas l’endométriose : elle peut juste offrir un vrai répit à certaines femmes le temps que ça dure.
« Une grossesse avec endométriose est forcément à risque. »
Pas forcément… mais des risques existent
Une grossesse chez une femme atteinte d’endométriose n’est pas forcément à risque. Mais la recherche indique tout de même une probabilité légèrement plus élevée :
- d’accouchement prématuré,
- d’hypertension de la grossesse, qui, si elle n’est pas traitée, peut entraîner des complications pour la mère et le bébé (prééclampsie),
- d’accouchement par césarienne.2
À retenir : « endométriose et grossesse » nécessitent un suivi obstétrical attentif et rigoureux, sans dramatiser. La majorité des grossesses se déroulent bien !
« Allaiter est bon pour l’endométriose. »
Plutôt vrai… dans certaines situations
L’allaitement, surtout lorsqu’il est exclusif (bébé nourri uniquement au sein, sans autre apport), entraîne souvent une absence temporaire des règles. Or, comme l’endométriose évolue principalement au rythme des cycles menstruels, cette absence temporaire de règles crée une période plus calme pour la maladie.
Dans une étude prospective, l’allaitement exclusif a été associé à une baisse des douleurs de l’endométriose et à une diminution de la taille des lésions d’endométriose au niveau des ovaires.6
Conclusion
Endométriose et grossesse ne sont absolument pas incompatibles ! En comprenant mieux la maladie, en identifiant les vrais enjeux et en laissant de côté les idées reçues, il devient plus facile d’avancer avec confiance et sérénité.
Références
- Infertilité et endométriose [Internet]. 2024 [cité 29 nov 2025]. Disponible sur : https://endofrance.org/la-maladie-endometriose/symptomes-endometriose/infertilite/
- Mathieu d’Argent E, Groupe de travail Endométriose AP-HP IdF. Infertilité et endométriose [Internet]. Paris : Assistance Publique-Hôpitaux de Paris ; 2021 [cité 29 nov 2025]. Disponible sur : https://www.aphp.fr/infertilite-et-endometriose
- Un lien entre endométriose et fausses couches ? Cette fois, c’est sûr ! [Internet]. 2016 [cité 29 nov 2025]. Disponible sur : https://www.inserm.fr/actualite/lien-entre-endometriose-et-fausses-couches-cette-fois-c-est-sur/
- Hôpital Universitaire de Bruxelles. Endométriose et infertilité : loin d’être une fatalité ! [Internet]. 2025 [cité 29 nov 2025]. Disponible sur : https://www.erasme.be/fr/endometriose-et-infertilite-loin-detre-une-fatalite
- Qu’est-ce que l’endométriose ? [Internet]. 2025 [cité 29 nov 2025]. Disponible sur : https://endofrance.org/la-maladie-endometriose/qu-est-ce-que-l-endometriose/
- Prosperi Porta R, et al. Effects of breastfeeding on endometriosis-related pain: a prospective observational study. Int J Environ Res Public Health. 2021;18(20):10602.
- Bilan médical de l’infertilité | ameli.fr | Assuré
FR-TW-0126-012
Pour aller plus loin sur le sujet de l’endométriose,
voici quelques ressources fiables sélectionnées par L’équipe Think Women
EndoFrance, Charles CHAPRON, Yasmine CANDAU – Livre : Idées reçues sur l’endométriose, EAN : 9791031806815, Éditions Le Cavalier Bleu. Les auteurs et autrices dressent un panorama complet de ce que l’on sait aujourd’hui de la maladie et des avancées encourageantes. Professeur Charles Chapron, spécialiste international de l’endométriose, chef du service Gynécologie obstétrique et médecine de la reproduction de l’hôpital Cochin (Paris). Yasmine Candau présidente de l’association EndoFrance.
Assurance maladie – Article: Consulter avant d’être enceinte : la consultation préconceptionnelle. Une page entière dédiée à cette consultation clé rappelant son rôle et les recommandations à suivre avant de débuter un projet de grossesse. Disponible en ligne : https://www.ameli.fr/