Ménopause & fragilité osseuse : le guide complet pour prévenir l’ostéoporose

Publié le 4 mai 2026

Ménopause

L’équipe Think Women,

spécialisée en santé de la femme.

Revu et approuvé par

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Dr Sandrine Pérol
Gynécologue médicale
Paris
Publié le 4 mai 2026
À la ménopause, nos os deviennent plus vulnérables, plus fragiles et le risque d’ostéoporose s’accroit…1,2,3 Mais bonne nouvelle, il est possible de contrer la fragilité osseuse et de prévenir l’ostéoporose, car oui, il est tout à fait possible d’agir tôt pour préserver son capital osseux.1,2,3 L’objectif de cet article est d’aider chaque femme à comprendre ce qui se joue dans son corps et à adopter les bons réflexes pour des os solides.
Ménopause et fragilité osseuse : pourquoi nos os deviennent vulnérables ?
  • Fragilité osseuse: Que se passe-t-il dans le corps à la ménopause ?

Nos os ne sont pas des structures figées. C’est un tissu vivant qui se renouvelle en permanence grâce à un équilibre entre deux mécanismes complémentaires : la formation et la résorption osseuse, c’est-à-dire la dégradation de l’os ancien.2

Cet équilibre, qu’on appelle remodelage osseux, varie naturellement au fil de la vie :2

  • Pendant l’enfance et l’adolescence : la formation osseuse est très active et l’os atteint sa densité maximale vers 25 ans.
  • À l’âge adulte : un équilibre s’installe entre la formation et la résorption osseuse.
  • Autour de 40/50 ans : la densité minérale osseuse commence à diminuer progressivement et ce phénomène s’accentue ensuite avec l’âge.

Chez les femmes, la ménopause rompt brutalement cet équilibre. La chute des œstrogènes, hormones essentielles au maintien d’un bon capital osseux, accélère rapidement le phénomène naturel de résorption osseuse. L’os se renouvelle plus vite au détriment de sa qualité. Il est alors moins dense et moins structuré et donc plus fragile.1,3

Cette perte osseuse peut débuter très tôt, dès la périménopause, et s’intensifie surtout dans les deux à trois premières années après l’arrêt des règles.1

Avec le temps, cette fragilité osseuse peut évoluer vers lostéoporose, une maladie silencieuse qui peut rester longtemps invisible… jusqu’à la fracture.2,3

Bon à savoir :  
L’ostéoporose est une maladie du squelette qui se caractérise par une fragilité osseuse anormale, en lien avec un tissu osseux moins dense et moins bien structuré. Le risque de fracture est alors augmenté.1-3 La ménopause est le principal facteur favorisant l’ostéoporose. On estime qu’environ 90 % des cas concernent des femmes après la ménopause.1
  • Ostéoporose : toutes les femmes sont-elles concernées à la ménopause ?

À la ménopause, la chute des œstrogènes concerne en effet toutes les femmes, mais la rapidité de la perte osseuse et la fragilité osseuse qui en découle varie selon différents facteurs : l’âge, le poids, le tabagisme ou encore la génétique.1

L’ostéoporose reste une situation qui est très (trop) fréquente à cette période de la vie.1,2

En France, près d’une femme sur trois de plus de 50 ans présentera une ostéoporose
avec une fracture liée à la fragilité osseuse au cours de sa vie,
soit environ 5 millions de femmes.1,4

En 2019, environ 490 000 fractures liées à une fragilité osseuse ont été recensées en France avec notamment des fractures du fémur, des vertèbres et du poignet.2

Bon à savoir :  
à 65 ans , près de 39 % des femmes sont atteintes d’ostéoporose ; après 80 ans, cette proportion atteint 70 % des femmes.2 Avec l’allongement de l’espérance de vie et le vieillissement de la population, on estime que le nombre total de fractures en lien avec l’ostéoporose pourrait atteindre 610 000 par an d’ici 2034.2

Trop souvent banalisées, ces fractures ont un impact majeur sur la qualité de vie : douleurs chroniques, perte d’autonomie, complications parfois graves chez les femmes plus âgées ou fragiles, d’où l’importance de les prévenir.2,4

Ostéoporose : comment savoir si je suis concernée à la ménopause ?

L’évaluation du risque d’ostéoporose repose sur deux éléments essentiels : la recherche de facteurs de risque cliniques de fracture et la mesure de la densité minérale osseuse (DMO) de la colonne vertébrale et du fémur par un examen appelé ostéodensitométrie (DXA).1,2,5 Cette étape est indispensable pour mettre en place une prévention efficace.3

  • Les facteurs de risque cliniques d’ostéoporose et de fracture

Il existe de nombreux facteurs de risque d’ostéoporose et de fracture dont certains peuvent être évités dès le début de la ménopause.1

Parmi les facteurs les plus pertinents en début de ménopause, on peut noter :1,3,5

  • L’âge (ou l’ancienneté de la ménopause)
  • Les antécédents personnels de fracture par fragilité osseuse, c’est-à-dire sans traumatisme important(toute localisation à l’exception des doigts, orteils, crâne et face)
  • Un antécédent parental de fracture fémorale
  • Un faible poids (ou IMC < 19 kg/m2)
  • Un tabagisme actif
  • Un traitement par corticothérapie prolongée (plus de 3 mois 

 

Après 75 ans, le risque de chute est tout aussi important (voire plus) à prendre en compte.3

Faites le test : suis-je à risque de fracture ?  

Répondez simplement aux questions suivantes par oui ou par non :

  • Ai-je été ménopausée avant 40 ans ?
  • Suis-je mince (IMC < 19 kg/m2) ?
  • Calculez votre IMC ci-dessous
  • Ai‑je déjà eu une fracture après une petite chute ?
  • Ma mère, mon père, mon frère ou ma soeur a‑t‑il eu une fracture du col du fémur ?
  • Ai‑je pris des corticoïdes pendant plus de 3 mois ?

Plus vous avez de « oui », plus votre risque de fracture est élevé.

N’hésitez pas à en parler à votre médecin
qui peut vous proposer un dépistage selon votre situation.

Calculette IMC

IMC :

L’IMC est un indicateur pour l’adulte et ne remplace pas l’avis d’un professionnel de santé.

  • La mesure de la densité minérale osseuse (DMO)

Si vous avez des facteurs de risque de fracture, votre médecin pourra vous prescrire une ostéodensitométrie (DXA) pour mesurer votre densité minérale osseuse. L’ostéodensitométrie est l’examen de référence recommandé pour évaluer la solidité des os et dépister l’ostéoporose. Il est rapide et sans douleur.1,2,5,6

Le résultat de l’ostéodensitométrie est exprimé en T-score, qui compare votre densité osseuse à une population de référence :1,2,5,6

  • Tscore > 1: tout est normal !
  • T-score entre 1 et 2,5 : la fragilité osseuse est modérée, on parle d’ostéopénie.
  • Tscore ≤ 2,5: la fragilité osseuse est élevée, le diagnostic d’ostéoporose peut être posé.

 

En pratique, un traitement est le plus souvent proposé lorsque le T-score est inférieur ou égal à –2 ou -2,5, surtout si d’autres facteurs de risque s’y ajoutent.5,6,7 Il faut en effet retenir que plus vous cumulez de facteurs de risque, et plus votre densité minérale osseuse (DMO) est basse, plus le risque de fracture augmente fortement. Ces deux éléments, facteurs de risque et DMO, se renforcent mutuellement, ce qui fait monter le risque de façon plus marquée lorsqu’ils sont présents ensemble.5

Ménopause et fragilité osseuse : comment prévenir l’ostéoporose ?
  • Les bons gestes à adopter

Bonne nouvelle : il existe 5 gestes simples efficaces et accessibles qui peuvent protéger nos os !

                    1. Je bouge régulièrement 2,3,5,6,7

L’activité physique est la meilleure alliée de vos os, quel que soit son âge. Privilégiez les exercices en charge avec impact comme la marche (au moins 2 jours par semaine).

                   2. J’adopte une alimentation équilibrée avec un apport suffisant en protéine et en calcium2,3,5,6

Pour cela, on privilégie le calcium alimentaire comme les produits laitiers (2 à 3 par jour).

 3.  J’associe le calcium à la vitamine D2,3,5,6,7,8

La vitamine D est indispensable à l’absorption du calcium et aide à renforcer les os. Elle est fabriquée principalement par la peau sous l’effet du soleil. En hiver ou en cas d’exposition solaire réduite, des compléments alimentaires de vitamine D sont recommandés.

4. Je réduis ou j’arrête le tabac et l’alcool2,3,5,6,7

Le tabac et l’alcool favorisent la perte osseuse. Ils sont donc à éviter.

                   5. Je préviens les chutes2,3,6,7

Pour limiter le risque de chute et donc de fracture, on privilégie les exercices de renforcement musculaire. On n’hésite pas non plus à arrêter les somnifères et l’alcool, on fait contrôler sa vue et on sécurise son logement.

  • Les options de traitements

Certaines mesures de base peuvent aider à protéger la santé osseuse : une activité physique régulière, une alimentation apportant suffisamment de calcium et de vitamine D, voire une supplémentation prescrite par votre professionnel de santé si nécessaire, ainsi qu’un mode de vie adapté.

En début de ménopause, chez la femme à risque fracturaire, le traitement hormonal de la ménopause (THM) peut être proposé pour prévenir la perte osseuse et réduire le risque de fractures. Il est particulièrement indiqué chez les femmes de moins de 60 ans qui présentent des symptômes de ménopause (comme les bouffées de chaleur)⁶

Pour aller plus loin, n’hésitez pas à consulter notre article dédié au Traitement de la ménopause : hormones ou pas ? 

La dose et la durée du THM sont adaptées à chaque femme mais une réévaluation régulière de son efficacité sur l’os est nécessaire.1 Un contrôle de la densité minérale osseuse (DMO) est souvent recommandé au bout de 2-3 ans de traitement.1,6

À l’arrêt du traitement, une nouvelle mesure de DMO permet d’adapter la prise en charge et, si besoin, de proposer un relais par un traitement spécifique de l’ostéoporose. 1 Comme son bénéfice s’estompe après l’arrêt, le THM constitue souvent la première étape avant une éventuelle prise en charge spécifique.2

Les traitements spécifiques de l’ostéoporose peuvent être proposés d’emblée dès la ménopause en cas de haut risque de fracture, lorsque le THM n’est pas indiqué, ou donc plus tard, en relais après l’arrêt du THM.1 Parmi ces traitements, les bisphosphonates restent les plus utilisés.2,6,7

Conclusion

La fragilité osseuse à la ménopause est une réalité mais pas une fatalité ! En prenant soin de votre santé osseuse au quotidien dès aujourd’hui, vous préserverez votre mobilité, votre autonomie et votre qualité de vie. Parlez-en dès maintenant avec votre médecin et n’hésitez pas à faire le point régulièrement.

Références

  1. Pouillès JM et al. Ménopause, traitement hormonal de ménopause et ostéoporose. RPC Les femmes ménopausées du CNGOF et du GEMVi. Recommandations pour la pratique clinique. Gynécologie Obstétrique Fertilité & Sénologie 2021;49:420-37.
  2. Ostéoporose. En ligne sur le site de l’Inserm : https://www.inserm.fr/dossier/osteoporose/ [consulté le 18/11/2025 ; publié le 10/10/2023].
  3. Trémollieres F. Prévention et traitement de l’ostéoporose post-ménopausique. MCED 2018.
  4. Ménopause. En ligne sur le site de l’Inserm : https://www.inserm.fr/dossier/menopause/ [consulté le 09/09/2025 ; publié le 18/09/2023].
  5. Trémollieres F et al. Les femmes ménopausées : recommandations pour la pratique clinique du CNGOF et du GEMVi (Texte court). Recommandations pour la pratique clinique (RPC). Gynécologie Obstétrique Fertilité & Sénologie 2021;49:305-17.
  6. HAS (Haute Autorité de Santé). Ostéoporose post-ménopausique. Recommandation 2023.
  7. HAS (Haute Autorité de Santé). Bon usage des médicaments de l’ostéoporose. Mise à jour en 2023.
  8. Anagnostis P et al. EMAS position statement: Vitamin D and menopausal health. Mauritas 2023;169:2-9.

FR-TW-0126-001

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Pour aller plus loin sur le sujet de la ménopause,
voici quelques ressources fiables sélectionnées par L’équipe Think Women

Ameli – Ménopause et périménopause. Un dossier complet mis à jour en 2025, qui détaille les symptômes, les causes et la prise en charge de la ménopause. Disponible en ligne : https://www.ameli.fr/

Inserm, Institut national de la santé et de la recherche médicale – Dossier : Ostéoporose/Ménopause : https://www.inserm.fr/